Parkinson et fortes chaleurs
Les bons réflexes pour prendre soin de soi et rester en forme cet été
Les bons réflexes pour prendre soin de soi et rester en forme cet été
Les épisodes de fortes chaleurs sont de plus en plus fréquents, longs et intenses sous l’effet du changement climatique. Pour les personnes vivant avec la maladie de Parkinson, ces périodes nécessitent une attention particulière, car l’organisme peut être plus sensible aux variations de température.
L’objectif n’est pas d’inquiéter, mais de mieux comprendre les mécanismes en jeu afin d’adopter des gestes simples et efficaces pour traverser l’été dans de bonnes conditions.
Pourquoi la chaleur affecte davantage les personnes atteintes de Parkinson ?
Le corps humain dispose normalement de mécanismes de régulation thermique très efficaces : transpiration, dilatation des vaisseaux sanguins, ajustement de la circulation sanguine et sensation de soif.
Dans la maladie de Parkinson, certains de ces mécanismes peuvent être perturbés, notamment en raison d’un dysfonctionnement du système nerveux autonome (dysautonomie). Cela peut affecter :
- la transpiration
- la régulation de la température corporelle
- la circulation sanguine vers la peau
- la perception de la soif
Cette sensibilité peut varier selon les personnes et l’évolution de la maladie.
Les traitements utilisés dans la maladie de Parkinson peuvent également jouer un rôle. Certains médicaments peuvent réduire la sudation ou modifier les mécanismes de refroidissement du corps, augmentant ainsi le risque de surchauffe (Liste des médicaments pouvant diminuer l’adaptation de l’organisme aux vagues de chaleur).
Des symptômes qui peuvent s’aggraver rapidement
Une étude australienne[1] menée auprès de 274 personnes atteintes de Parkinson a montré que près de trois quarts des participants constataient une aggravation de leurs symptômes moteurs pendant les périodes de chaleur. Plus de 80 % rapportaient également une augmentation des symptômes non moteurs.
Parmi les difficultés les plus fréquemment signalées :
- davantage de tremblements
- une marche plus difficile
- une augmentation des troubles de l’équilibre
- une fatigue importante
- des problèmes de concentration
- des troubles du sommeil
- une diminution de l’autonomie dans les activités quotidiennes
Certaines personnes décrivent également une sensation de « ralentissement général » et une perte d’énergie qui peut durer plusieurs jours après un épisode de forte chaleur.
Le risque souvent sous-estimé : la déshydratation
La déshydratation constitue l’une des principales menaces lors des canicules.
Plusieurs facteurs augmentent ce risque chez les personnes atteintes de Parkinson :
- diminution de la sensation de soif
- sécheresse buccale liée à certains médicaments
- augmentation des pertes hydriques
- difficultés motrices qui compliquent l’accès aux boissons
- fatigue qui réduit spontanément la consommation d’eau
Même une déshydratation modérée peut accentuer les vertiges, la confusion, les chutes et les problèmes de tension artérielle déjà fréquents dans la maladie de Parkinson.
Des conséquences parfois graves
Les données scientifiques montrent que les personnes atteintes de Parkinson sont davantage hospitalisées pendant les épisodes de chaleur extrême. Le risque de complications sévères, notamment les coups de chaleur, est également plus élevé.[2]
Les personnes âgées vivant seules sont particulièrement exposées. En l’absence d’un proche ou d’un aidant pour repérer les signes d’alerte, une déshydratation ou un coup de chaleur peut évoluer silencieusement pendant plusieurs heures.
Le maintien du lien social, même à distance, joue donc un rôle important dans la prévention.
10 conseils essentiels pour traverser les périodes de canicule
- Boire régulièrement sans attendre la soif
La sensation de soif n’est pas toujours fiable. Il est préférable de boire de petites quantités d’eau tout au long de la journée.
- Privilégier l’eau et les boissons non sucrées
Les boissons très sucrées ou alcoolisées favorisent la déshydratation. L’alcool est particulièrement déconseillé lors des fortes chaleurs.
- Rester au frais
Maintenir une température intérieure supportable est essentiel : volets fermés en journée, aération nocturne, ventilateur ou climatisation lorsque cela est possible.
- Rafraîchir régulièrement le corps
Douches tièdes, serviettes humides sur la nuque ou les poignets, brumisateur ou bains de pieds peuvent aider à limiter l’accumulation de chaleur.
- Adapter les horaires de sortie
Entre 11 h et 18 h, les températures sont souvent les plus élevées. Les promenades et activités physiques sont à privilégier tôt le matin ou en soirée.
- Adapter son activité physique
L’exercice reste bénéfique pour Parkinson, mais il doit être adapté en période de canicule. Réduire l’intensité et augmenter les temps de récupération est souvent nécessaire.
- Porter des vêtements légers
Les tissus amples, légers et de couleur claire favorisent l’évacuation de la chaleur.
- Vérifier ses stocks de médicaments et surveiller l’effet des traitements
En période de forte chaleur, mieux vaut disposer d’une réserve suffisante de traitements afin d’éviter les déplacements inutiles.
En cas de doute, discuter avec un professionnel de santé de l’impact possible de certains médicaments sur la tolérance à la chaleur.
- Maintenir un contact quotidien avec un proche
Un simple appel ou message peut permettre de détecter rapidement une difficulté ou un malaise.
- Être attentif aux signes d’alerte
Une consultation médicale rapide est nécessaire en présence de :
- confusion inhabituelle
- somnolence excessive
- étourdissements importants
- absence de transpiration malgré la chaleur
- fièvre élevée
- difficultés à marcher inhabituelles
- grande fatigue soudaine aggravation brutale des symptômes
Un enjeu de santé publique croissant
Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et plus intenses. Pour les personnes vivant avec Parkinson, la chaleur n’est pas seulement désagréable : elle constitue un facteur de risque réel pouvant affecter la qualité de vie, l’autonomie et parfois même le pronostic vital.
La gestion des fortes chaleurs dans la maladie de Parkinson repose autant sur les gestes individuels que sur l’entourage et l’organisation du quotidien.
Les proches, les aidants et les professionnels de santé jouent un rôle clé dans la prévention, notamment en période de canicule. Une surveillance simple et régulière peut permettre d’éviter des complications.
L’objectif est avant tout de permettre à chacun de traverser l’été en sécurité, tout en conservant ses habitudes de vie autant que possible.
La bonne nouvelle est que des mesures simples, notamment l’hydratation régulière, l’adaptation des activités, le maintien du lien social et la vigilance accrue, permettent de réduire significativement les risques.
Face à la canicule, l’anticipation reste la meilleure protection.
Références
[1] Hunt AP, Pagnussat AS, Lehn A, Moore D, Schweitzer D, Laakso EL, Hennig E, Morris ME, Kerr G, Stewart I. Evidence of heat sensitivity in people with Parkinson’s disease. Int J Biometeorol. 2024 Jun;68(6):1169-1178. doi: 10.1007/s00484-024-02658-w. Epub 2024 Apr 11. PMID: 38602550; PMCID: PMC11108869.
[2] Subramanian I, Saad A. Heatwaves and Neurodegenerative Disease. JAMA Neurol. 2025;82(4):319–320. doi:10.1001/jamaneurol.2024.4319
Parkinson Suisse, Chaleur extrême et Parkinson. (parkinson.ch)
Parkinson Montréal-Laval, Prendre soin de soi avec le retour des chaleurs estivales. (parkinsonmontreallaval.ca)
🌡️ Canicule : comment conserver correctement ses médicaments
Selon les recommandations de l’ANSM, les médicaments doivent être conservés conformément aux conditions indiquées sur leur emballage. Les études de stabilité réalisées avant leur mise sur le marché montrent l’absence de dégradation après plusieurs semaines d’exposition à une température constante de 40°C.*
Ainsi, pour la plupart des médicaments conservés à température ambiante, les températures habituellement observées lors des épisodes de canicule n’altèrent pas leur qualité lorsqu’ils sont stockés dans des conditions normales au domicile.
En période de canicule, il est donc recommandé:
- de conserver les médicaments dans leur emballage d’origine
- de les stocker dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et aussi frais que possible
- d’éviter les expositions prolongées à des températures élevées, notamment dans une voiture stationnée au soleil
- de privilégier, lors des transports, un emballage isotherme non réfrigéré par mesure de prudence
Sauf mention particulière dans la notice, les médicaments antiparkinsoniens oraux (comprimés, gélules et formes à libération prolongée) n’ont pas besoin d’être conservés au réfrigérateur ; cette précaution est inutile et peut même entraîner des phénomènes de condensation lors des sorties du réfrigérateur, susceptibles d’altérer leurs conditions optimales de conservation.
En pratique, vous pouvez donc poursuivre la conservation habituelle de vos médicaments.
*Consulter ce document de l’ANSM pour plus d’informations: Conservation des médicaments en cas de vague de chaleur
Nous remercions sincèrement le Centre Régional de Pharmacovigilance (CRPV) de Toulouse, pour son expertise et sa précieuse contribution à l’élaboration de cette notice.