La sexualité

La maladie de Parkinson touche différents systèmes et fonctions du corps. Elle associe des symptômes moteurs (raideur, difficulté à initier le mouvement, tremblement) et non moteurs (fatigue,…). Parmi les troubles non moteurs, ceux liés aux troubles de la sexualité sont rarement évoqués ou pris en charge par les professionnels de santé.

Les modifications de la sexualité régulièrement observées chez les personnes présentant une maladie de Parkinson – et ce quelque soit le stade d’évolution de la maladie – sont liées tant à des facteurs psychologiques qu’aux symptômes moteurs et non moteurs de la pathologie.

L’annonce du diagnostic et l’évolution de la maladie poussent souvent la personne à reconsidérer l’image qu’elle a d’elle-même. Les changements dans ses aptitudes physiques et dans sa physionomie peuvent engendrer une baisse d’estime de soi et une dévalorisation de son corps. Cela entraîne ainsi une diminution des comportements de séduction et une perte de confiance en soi lors des rapports. Les symptômes dépressifs, l’anxiété et l’apathie réduisent également l’intérêt pour la sexualité et la recherche spontanée de moments d’intimité.

Par ailleurs, les symptômes moteurs (raideurs, tremblements, ralentissement…) entraînent moins de dextérité dans la réalisation des caresses, moins d’endurance au cours de l’acte sexuel ainsi que des difficultés à se retourner dans le lit gênant ainsi les changements de position. Les habitudes érotiques du couple sont alors chamboulées : le patient est amené à jouer un rôle moins actif dans le rapport sexuel, cela imposant plus de prises d’initiative au partenaire. En outre, des troubles du désir sexuel, de l’excitation et de l’obtention de l’orgasme sont également rapportés.

Qu’est-il possible de faire ?

Quand les modifications de la sexualité sont sources de souffrance pour le patient et/ou son conjoint, il est possible de consulter un sexologue ou un psychologue spécialisé en sexologie. Différentes pistes de travail, s’adaptant au contexte de la maladie, sont proposées selon la problématique sexuelle rencontrée.

Il s’agit pour le patient d’améliorer le vécu de sa sexualité par l’apprentissage de techniques, par exemple pour gérer son effort physique au cours du rapport sexuel, stimuler sa libido, jouer avec sa courbe d’excitation pour faciliter la survenue de l’orgasme … Des petits exercices pratiques à réaliser au domicile, seul ou avec son conjoint, sont généralement donnés entre chaque séance.

L’importance de l’équilibre conjugal

Une prise en charge sexologique n’est efficace que si les relations au sein du couple sont globalement harmonieuses. La présence de problèmes conjugaux, surtout d’apparition antérieure à la maladie de Parkinson, est un facteur contributif à l’arrêt de la sexualité durant la maladie.

Quelques séances de thérapie de couple peuvent alors s’avérer bénéfiques. L’objectif premier est d’améliorer la communication entre les partenaires, notamment par le travail de l’expression de ses émotions et de ses besoins affectifs ainsi que de la compréhension et du respect de ceux de l’autre.

Et face à l’hypersexualité ?

L’hypersexualité est liée à la prise de certains médicaments antiparkinsoniens. Face à une majoration excessive de la libido et/ou à des modifications inadaptées du comportement sexuel, il est indispensable de consulter rapidement le neurologue pour que le traitement soit adapté. Une prise en charge psychologique peut-être ensuite proposée si l’épisode d’hypersexualité a entraîné un vécu difficile, tant pour le patient que son entourage. Les souvenirs pénibles peuvent être désensibilisés, par hypnose par exemple.

Il est parfois également nécessaire de déconditionner les comportements d’aversion (évitement des moments d’intimité, rejet des contacts physiques) qui se sont installés chez le conjoint durant l’épisode d’hypersexualité, en réaction au harcèlement par le patient, et qui perdurent une fois le trouble terminé.

Il existe des solutions aux diverses modifications de la sexualité rencontrées dans la maladie de Parkinson. Le but n’est pas de revenir à tout prix à un fonctionnement sexuel antérieur à la pathologie mais bien de retrouver un épanouissement sexuel. Il s’agit d’un travail en équipe dont le patient est l’acteur principal et où le conjoint a un véritable rôle à jouer. Des psychologues et des sexologues sont en outre à votre service pour vous accompagner dans ce travail. Le plus difficile dans toute prise en charge est de faire le premier pas…

Anne-Sophie Carette, psychologue, sexologue clinicienne

Pour en savoir plus :

Écho n°124 dont 3€ frais de port

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