Vie professionnelle
Lorsque le diagnostic survient avant l’âge de la retraite, il est important de rĂ©flĂ©chir Ă sa situation professionnelle. La situation est fondamentalement diffĂ©rente si l’on est salariĂ© de droit privĂ©, agent de la fonction publique ou indĂ©pendant. Vous pouvez adapter votre vie professionnelle en ayant la maladie de Parkinson.
Les salariés du secteur privé
Parler Ă son employer
Il n’y aucune obligation Ă dĂ©clarer sa maladie de Parkinson Ă son employeur. MĂŞme si vous avez Ă©tĂ© diagnostiquĂ© ou si les symptĂ´mes en sont visibles. Par contre, le mĂ©decin du travail peut prendre la dĂ©cision de le faire s’il considère que le salariĂ© court lui-mĂŞme un risque. Ou alors qu’il en fait courir aux autres personnes. Il dĂ©finira les limites de l’aptitude auprès de l’employeur mais ne doit pas nommer la maladie.
L’expĂ©rience montre cependant qu’on a rapidement intĂ©rĂŞt Ă dĂ©clarer sa maladie de Parkinson après avoir fait son bilan. Car en effet, il sera vite difficile de la dissimuler et cela est psychologiquement très inconfortable, voire destructeur. En outre, des symptĂ´mes visibles peuvent ĂŞtre mal interprĂ©tĂ©s par l’entourage professionnel.
DĂ©clarer sa maladie de Parkinson peut accĂ©lĂ©rer la recherche d’une solution si toutefois l’employeur est coopĂ©ratif. Dans le cas contraire, et s’il cherche à « sortir » la personne de l’entreprise, de deux choses l’une :
- s’il respecte les procĂ©dures lĂ©gales, celles-ci protègent le salariĂ©.
- s’il ne le fait pas, cela relève des Prud’hommes.
Qui contacter ?
- Le médecin du travail.
- Son médecin traitant.
- L’assistante sociale.
- Le délégué du personnel.
- Le ComitĂ© d’Hygiène et de SĂ©curitĂ© et des Conditions de Travail (CHSCT) s’il y en a un.
- L’inspecteur du travail.
Continuer Ă travailler
Vous n’ĂŞtes pas dans l’obligation de dĂ©clarer la maladie Ă votre employeur. Mais vous pouvez avoir intĂ©rĂŞt Ă le faire. Pour, en effet, bĂ©nĂ©ficier des règles de protection inscrites dans le Code du Travail et le Code de la SĂ©curitĂ© Sociale. Notamment quand des symptĂ´mes physiques se manifestent. Dans tous les cas, il ne faut pas craindre de le dire au mĂ©decin du travail, soumis au secret mĂ©dical.
Si vous pouvez continuer Ă travailler, vous pouvez envisager soit un amĂ©nagement de votre poste au sein de l’entreprise, soit un reclassement sur un autre emploi dans la mĂŞme entreprise. Ou encore une reconversion complète pouvant vous amener Ă changer d’employeur.  Mais il ne faut pas dĂ©missionner, il y a d’autres solutions.
La personne doit d’abord faire un bilan personnel avec l’aide de son mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste et de l’assistante sociale de son entreprise :
- a-t-il la capacité physique de continuer à travailler?
- peut-il garder son poste ou un changement serait-il préférable ?
Il faut prendre contact avec le mĂ©decin du travail pour explorer les diffĂ©rentes possibilitĂ©s. Le maintien dans le poste, l’adaptation du poste, le changement de poste…
Ne pas perdre de vue que la maladie Ă©volue…
…Et qu’une solution Ă la question de l’emploi n’est pas forcĂ©ment dĂ©finitive. Le salariĂ© doit donc prĂ©parer dès maintenant son Ă©volution professionnelle en demandant une adaptation de son poste de travail. Ainsi qu’en demandant Ă bĂ©nĂ©ficier de la reconnaissance de la qualitĂ© de travailleur handicapĂ© (RQTH) tout en demandant sa prise en charge en affection de longue durĂ©e (ALD) par la sĂ©curitĂ© sociale :
a. en nĂ©gociant d’abord une adaptation de son poste de travail. Puis Ă©ventuellement un changement de poste (avec son employeur et avec l’aide du mĂ©decin du travail).
b. en demandant sa reconnaissance comme travailleur handicapĂ© (RQTH). Ce qui ouvre la possibilitĂ©, soit du maintien dans l’entreprise avec des aides : tierce personne professionnelle, aides techniques. Pour lesquelles l’employeur peut percevoir des aides financières de l’AGEFIPH, soit de postes aidĂ©s hors de l’entreprise.
La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) a pour objectifs :
- de vous faire bĂ©nĂ©ficier d’amĂ©nagement de vos horaires et poste de travail,
- de vous faire bĂ©nĂ©ficier de dispositifs dĂ©diĂ©s Ă l’insertion professionnelle (stages de rĂ©adaptation, de rééducation, contrat d’apprentissage…),
- de vous permettre d’accĂ©der plus facilement Ă la Fonction publique, soit par concours amĂ©nagĂ©, soit par recrutement contractuel spĂ©cifique,
- de vous faire bĂ©nĂ©ficier de soutiens spĂ©cialisĂ©s pour la recherche d’emploi au sein, par exemple, des services du rĂ©seau Cap Emploi.
Personnes concernées
La RQTH est reconnue Ă toute personne de plus de 16 ans jusqu’Ă l’âge de la retraite dont les possibilitĂ©s d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement rĂ©duites par suite de l’altĂ©ration d’une ou plusieurs fonctions publiques, sensorielle, mentale ou psychique.
Examen de la demande
La qualitĂ© de travailleur handicapĂ© est reconnue par la commission des droits et de l’Ă©conomie des personnes handicapĂ©es (CDAPH) de la MDPH. La CDAPH peut vous convoquer Ă une visite mĂ©dicale.
c. tout en demandant sa prise en charge par sa Caisse d’assurance-maladie (CPAM, MSA ou autre) dans le cadre d’un congé de maladie en affection longue durĂ©e. Mais attention la prise en charge financière n’est pas Ă©ternelle, les indemnitĂ©s journalières pour maladie sont limitĂ©es en principe Ă 3 ans (cf. rubrique soins).
Lorsque la personne arrive en fin de versement d’indemnitĂ©s journalières de la SĂ©curitĂ© Sociale (IJSS), si elle a perdu deux tiers au moins de sa capacitĂ© de travail, sera enclenchĂ©e la mise en invaliditĂ© par le mĂ©decin conseil de la SĂ©curitĂ© Sociale.
Si vous risquez un licenciement, la procĂ©dure est bien encadrĂ©e : le licenciement ne sera valable que s’il y a inaptitude Ă l’emploi et impossibilitĂ© de reclassement.
Si vous ne pouvez plus travailler, une retraite anticipĂ©e est rarement possible (cf. carrières longues). A dĂ©faut, vous relèverez jusqu’Ă votre retraite de la mise en invaliditĂ© par la SĂ©curitĂ© Sociale si elle a Ă©tĂ© enclenchĂ©e en pĂ©riode d’emploi.
Dans tous les cas, avoir la maladie de Parkinson ne signifie pas qu’il faut cesser toute activitĂ©, au contraire. Le principal ennemi de la personne malade est l’inactivitĂ© qui engendre le repli sur soi. Il faut donc maintenir l’emploi salariĂ© le plus longtemps possible. Lorsque le travail n’est plus possible, place alors aux activitĂ©s de loisir, aux responsabilitĂ©s associatives…
Qui contacter ?
- Le médecin du travail
- Son médecin traitant
- L’assistante sociale (de l’entreprise, du secteur)
- La Maison Départementale des Personnes Handicapées.
La mise en invalidité
Lorsque vous ne pourrez plus prĂ©tendre Ă des congĂ©s maladie, il faudra avoir recours Ă d’autres dispositifs prĂ©vus Ă cet effet par la loi, comme la mise en invaliditĂ©, pour les salariĂ©s du privĂ©, et le congĂ© de longue maladie pour les fonctionnaires.
Salarié du privé
Si votre Ă©tat d’invaliditĂ© est reconnu et que vous remplissez les conditions d’affiliation, votre Caisse d’Assurance Maladie peut vous proposer une mise en invaliditĂ©. Ou vous pouvez la demander vous-mĂŞme. Cette mise en invaliditĂ© concerne les personnes avant l’âge de la retraite qui ont perdu les 2/3 de leur capacitĂ© de travail ou de gain. Si elle est acceptĂ©e, elle entraĂ®ne le versement d’une pension d’invaliditĂ© qui est calculĂ©e sur le salaire annuel moyen (SAM) de vos 10 meilleures annĂ©es de rĂ©munĂ©ration. Il y a trois catĂ©gories (degrĂ©s) d’invaliditĂ© :
- 1ère catégorie: la personne peut encore travailler, la pension sera de 30 % du SAM.
- 2eme catégorie: la personne ne peut plus travailler, la pension sera de 50% du SAM.
- 3eme catĂ©gorie: la personne ne peut plus travailler et doit ĂŞtre assistĂ©e d’une tierce personne dans les gestes de la vie courante. La pension est de 50% du SAM + une somme pour payer la tierce personne.
Pour les 1ere et 2eme catégories, il ne faut pas perdre de vue que le versement de la pension a pour contrepartie un blocage de vos ressources qui ne pourront plus dépasser le niveau de votre dernier salaire, même si vous pouvez cumuler la pension d’invalidité avec un salaire (surtout en 1ère catégorie). Par contre, cela ne concerne pas les apports d’un éventuel contrat de prévoyance salarial (qui est une assurance et non une aide sociale ou une rémunération).
Affection de longue durée
Or, en cas d’affection de longue durĂ©e, le code de la sĂ©curitĂ© sociale donne d’abord droit Ă trois ans d’indemnitĂ©s journalières – système plus avantageux, dans beaucoup de cas, que la pension d’invaliditĂ©.
Le passage en invaliditĂ© est certes possible avant l’expiration de cette pĂ©riode, mais, si c’est Ă l’initiative de la caisse (et en pratique du mĂ©decin conseil), c’est dans le cas oĂą l’Ă©tat de santĂ© est stabilisĂ©, ou bien si l’invaliditĂ© rĂ©sulte de l’usure prĂ©maturĂ©e de l’organisme (article L 341-3 du code de la sĂ©curitĂ© sociale).
Comparez pour votre compte personnel ce qui est le plus avantageux. Nous vous recommandons donc d’user du mois qui vous est donnĂ© pour faire un recours contre le passage en invaliditĂ© si les IJ sont plus Ă©levĂ©es que la pension d’invaliditĂ© (cf. aides financières).
A noter : la pension d’invaliditĂ© peut – dans certaines conditions d’incapacitĂ© et de très faible niveau de revenus – se cumuler avec l’AAH.
Qui contacter ?
- l’assistante sociale de votre entreprise,
- le médecin généraliste
- le neurologue
- la CPAM, la MSA
- le conseiller de votre Caisse de retraite
- Info Droits (CISS devenu France Assos Santé) 0810 004 333 et 01 53 62 40 30 accessible le lundi, mercredi, vendredi de 14 h à 18 h et le mardi et jeudi de 14 h à 20h.
La maladie professionnelle dans le secteur privé
La maladie de Parkinson, sous le terme plus large de syndrome parkinsonien, est reconnue comme maladie professionnelle :
- dans le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de sĂ©curitĂ© sociale en cas d’exposition au bioxyde de manganèse.
- depuis mai 2012, reconnue comme maladie professionnelle dans le rĂ©gime agricole, en cas d’exposition aux pesticides.
Vous n’avez pas travaillĂ© dans l’agriculture, ni avec du bioxyde de manganèse ? Dans ce cas, si vous soupçonnez un facteur professionnel dans votre pathologie (par exemple vous avez Ă©tĂ© dans une entreprise industrielle qui conditionnait et vendait des pesticides, sans ĂŞtre du rĂ©gime agricole – ou bien vous avez Ă©tĂ© exposĂ© Ă certains solvants organiques ou Ă des mĂ©taux lourds), ou bien vous n’ĂŞtes pas dans les dĂ©lais prescrits, vous pouvez quand mĂŞme obtenir parfois d’ĂŞtre considĂ©rĂ© comme atteint d’une maladie professionnelle.
Un tableau de maladie professionnelle définit 4 conditions pour être reconnue comme maladie professionnelle :
- une pathologie précise
- en fonction des situations professionnelles ou des travaux exercés,
- de la durée de ces situations ou de l’exercice de ces travaux,
- et du dĂ©lai de manifestation de la maladie après la cessation de l’exercice de ces travaux ou de la situation professionnelle.Dans l’agriculture, il faut soit ĂŞtre encore en activitĂ© exposĂ© Ă des pesticides, soit avoir cessĂ© son activitĂ© ou l’exposition (en passant au bio dans toute la zone, par exemple) depuis un an au maximum. Si on est hors dĂ©lai, le dossier sera transmis au ComitĂ© RĂ©gional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles – CRRMP.
Modalités de demande de reconnaissance
Il faut faire une dĂ©claration de maladie professionnelle Ă votre caisse d’assurance maladie, sur un formulaire qu’elle vous fournira. Il y a intĂ©rĂŞt Ă joindre au dossier tous les Ă©lĂ©ments en faveur de la reconnaissance de la maladie professionnelle. En cas de refus vous pouvez transmettre votre dossier Ă un ComitĂ© RĂ©gional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) qui statuera.
Cette reconnaissance entraîne des conséquences matérielles.
 A/ Ainsi, si on est en activitĂ© professionnelle et qu’on doit avoir un arrĂŞt de travail,
- les indemnités journalières de sécurité sociale sont calculées plus généreusement que pour une maladie non professionnelle.
- Leur durĂ©e n’est pas limitĂ©e.
B/ NĂ©anmoins, il arrive un moment oĂą on considère la personne comme « consolidĂ©e », ce qui veut dire qu’elle est dans un Ă©tat stable, qui ne peut pas ĂŞtre amĂ©liorĂ© Ă court ou moyen terme par des soins supplĂ©mentaires.
=> le mĂ©decin conseil apprĂ©cie Ă ce moment un taux d’IPP (incapacitĂ© permanente partielle). Cela sert de base de calcul au paiement d’une rente viagère.  Cette rente est versĂ©e pendant toute la vie, et ne s’arrĂŞte pas Ă la retraite (Ă l’inverse de la pension d’invaliditĂ©).
Attention ! Dans le rĂ©gime agricole, les exploitants bĂ©nĂ©ficient aussi de la protection de la MutualitĂ© Sociale Agricole (MSA), mais les conditions de versement d’une rente sont beaucoup plus restrictives que pour les salariĂ©s.
C/ Les soins, en maladie professionnelle, sont pris en charge Ă 100 %, et l’assurĂ© bĂ©nĂ©ficie automatiquement du tiers payant, grâce Ă un imprimĂ© spĂ©cial qui lui est remis, sur lequel les praticiens inscrivent leurs prestations.
Si la maladie s’aggrave, on parle de rechute, et on peut demander une rĂ©vision Ă la hausse du taux d’IPP, et donc de la rente viagère.
La retraite anticipée pour les personnes handicapées
La personne malade peut prendre sa retraite, mais le plus souvent pas avant 60 ou 62 ans selon son annĂ©e de naissance. Si elle est reconnue inapte au travail par le mĂ©decin conseil de la SĂ©curitĂ© Sociale, sa retraite sera calculĂ©e sans « dĂ©cote » [si vous ne remplissez pas les conditions (nombre de trimestres et condition d’âge) pour bĂ©nĂ©ficier d’une retraite Ă taux plein, le taux de retraite est rĂ©duit d’un coefficient de minoration] mais en fonction du nombre de trimestres cotisĂ©s.
En effet, la  » retraite anticipĂ©e pour handicap » suppose d’avoir Ă©tĂ© reconnu handicapĂ© très jeune et d’avoir travaillĂ© et cotisĂ© avec ce handicap pendant de nombreuses annĂ©es. Le seul cas oĂą une personne atteinte de la maladie de Parkinson peut vraiment anticiper le dĂ©part en retraite sont les cas de « carrière longue » (au moins 5 trimestres validĂ©s avant l’âge de 20 ans entre autres conditions) ou de « pĂ©nibilitĂ© » dans le cadre de la maladie professionnelle : il est possible de partir en retraite Ă 60 ans au titre de la pĂ©nibilitĂ© soit sous conditions d’un taux d’incapacitĂ© permanente soit entre10% et 20%, Ă condition de prouver que vous avez Ă©tĂ© exposĂ©, pendant au moins 17 ans, Ă des facteurs de risques professionnels et que votre incapacitĂ© permanente a un lien direct avec l’exposition Ă ces facteurs de risques, soit Ă partir de 20% de taux d’incapacitĂ© permanente sans conditions.
Qui contacter ?
- Le médecin conseil de la Sécurité Sociale
- Le conseiller retraite de la Caisse d’assurance retraite et de la santĂ© au travail (CARSAT), de la CRAM (Caisse RĂ©gionale d’Assurance Maladie) d’Ile de France ou de la MSA.
Le licenciement
Un malade peut avoir de plus en plus de mal à assumer ses responsabilités professionnelles. Doit-il démissionner ou se faire licencier ?
La personne malade ne doit démissionner en aucun cas à cause de sa maladie, sinon il perd ses droits aux allocations de chômage et ne validera plus de trimestres pour la retraite.
La bonne démarche consiste à :
- Soit obtenir une adaptation de son poste de travail (Ă voir avec le mĂ©decin du travail, le dĂ©lĂ©guĂ© du personnel ou le ComitĂ© d’Hygiène et de SĂ©curitĂ© et des Conditions de Travail (CHSCT) s’il existe. L’employeur doit tenir compte des prĂ©conisations du mĂ©decin du travail. En cas de dĂ©saccord, il est possible de saisir l’inspecteur du travail qui prendra une dĂ©cision après avis du mĂ©decin inspecteur rĂ©gional du travail.
- Soit amener l’employeur Ă engager une procĂ©dure de licenciement pour inaptitude. C’est une procĂ©dure très encadrĂ©e qui oblige l’employeur Ă rechercher le reclassement du travailleur inapte Ă son emploi, avant d’engager le licenciement et inclut le versement d’une indemnitĂ© de licenciement.
Il faut cependant savoir qu’un salariĂ© en arrĂŞts de maladie rĂ©pĂ©tĂ©s ou prolongĂ©s peut ĂŞtre licenciĂ© si ses absences mettent en pĂ©ril le fonctionnement de l’entreprise et nĂ©cessitent son remplacement dĂ©finitif. La plupart des conventions collectives dĂ©finissent un dĂ©lai pendant lequel un tel licenciement est interdit.
Licencié pour diminution de performance : le salarié a-t-il un recours ?
L’employeur ne peut pas licencier un malade pour baisse de rendement s’il a Ă©tĂ© informĂ© d’un problème de santĂ©. Seul le mĂ©decin du travail peut constater son inaptitude au travail, ce qui dĂ©clencherait une procĂ©dure de reclassement ou de licenciement pour inaptitude.
Si l’employeur ne respecte pas cette procĂ©dure, il faut saisir les Prud’hommes.
Qui contacter ?
- L’assistante sociale de l’entreprise
- Le médecin du travail
- Le délégué du personnel
- Le CHSCT (ComitĂ© d’Hygiène et de SĂ©curitĂ© et des Conditions de Travail)
- L’inspecteur du travail
La vie professionnelle dans le secteur public
Le travail et le congé de longue maladie.
Si vous ne pouvez pas continuer Ă assurer vos fonctions dans les mĂŞmes conditions qu’auparavant, vous avez intĂ©rĂŞt Ă faire connaĂ®tre votre maladie Ă votre hiĂ©rarchie. Elle vous proposera des adaptations d’emploi ou vous trouvera un reclassement.
Vous pouvez également être placé en congé de longue maladie (CLM), après avis du comité médical dont relève votre administration. La maladie de Parkinson figure sur la liste qui ouvre droit à ce congé.
Vous devez adresser Ă votre administration une demande de CLM accompagnĂ©e d’un certificat de votre mĂ©decin traitant. Le mĂ©decin traitant adresse directement au comitĂ© mĂ©dical ses observations et les pièces justificatives nĂ©cessaires (conclusions d’examens mĂ©dicaux).
Vous ĂŞtes soumis Ă une visite par un mĂ©decin agréé et le comitĂ© mĂ©dical transmet son avis Ă l’administration. Elle vous le communique et prend sa dĂ©cision.
La durĂ©e du CLM est normalement de 3 ans maximum. Le CLM est accordĂ© ou renouvelĂ© par pĂ©riodes de 3 Ă 6 mois. Sa durĂ©e se fixe par l’administration sur proposition du comitĂ© mĂ©dical.
Ă€ noter : le CLM peut ĂŞtre accordĂ© de manière fractionnĂ©e avec reprise partielle du travail. Les droits aux 3 ans de congĂ© sont alors apprĂ©ciĂ©s sur une pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence de 4 ans. Cette pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence est mobile et s’apprĂ©cie de date Ă date.
Vous pouvez bénéficier de plusieurs CLM (pour la même maladie ou des maladies différentes) si vous reprenez vos fonctions pendant au moins 1 an en continu entre chaque congé de longue maladie.
Rémunération pendant un CLM
Le traitement indiciaire est versĂ© intĂ©gralement pendant 1 an puis rĂ©duit de moitiĂ© les 2 annĂ©es suivantes. Si le montant du demi-traitement est infĂ©rieur au montant des indemnitĂ©s journalières de la sĂ©curitĂ© sociale, vous percevez une indemnitĂ© diffĂ©rentielle. L’indemnitĂ© de rĂ©sidence et le supplĂ©ment familial de traitement (SFT) sont maintenus en intĂ©gralitĂ© durant toute la durĂ©e du CLM.
Les règles relatives au versement des primes et indemnitĂ©s pendant les congĂ©s de maladie varient selon la fonction publique dont vous relevez. Dans la fonction publique d’État, les primes (indemnitĂ©s) liĂ©es Ă l’exercice des fonctions ou les indemnitĂ©s qui consistent en remboursements de frais cessent d’ĂŞtre versĂ©es. Les autres indemnitĂ©s sont versĂ©es dans les mĂŞmes proportions que le traitement indiciaire (intĂ©gralement ou Ă moitiĂ©).
Fin du congĂ© de longue maladieÂ
Vous ne pouvez reprendre vos fonctions que si vous ĂŞtes reconnu apte, après examen par un mĂ©decin agréé et avis favorable du comitĂ© mĂ©dical. Cet examen peut ĂŞtre demandĂ© soit par l’administration soit par vous-mĂŞme.
Si vous êtes définitivement inapte à exercer vos fonctions, que ce soit à l’issue d’un CLM ou à l’épuisement de vos droits à congé de maladie ordinaire, vous êtes soit reclassé dans un autre emploi, soit reconnu définitivement inapte à l’exercice de tout emploi et admis à la retraite anticipée pour invalidité (après avis de la commission de réforme).
La maladie professionnelle des fonctionnaires
Les fonctionnaires ne relèvent pas directement de la réglementation sur les maladies professionnelles. Mais il peut être reconnu que leur pathologie, en l’espèce la maladie de Parkinson, est « imputable au service ». C’est le fonctionnaire qui doit fournir tous les éléments pour que cette imputabilité soit reconnue par le comité médical. La pratique est de se référer aux tableaux de maladie professionnelle qui sont directement mentionnés dans la réglementation pour la fonction publique territoriale et hospitalière, ainsi quand le travail consiste à entretenir les espaces verts avec exposition aux pesticides que mentionne le tableau n° 58 du régime agricole ou en cas d’exposition au trichloréthylène.
Les conséquences du fait que la maladie de Parkinson serait reconnue imputable au service sont la prise en charge des soins, le paiement du traitement complet pendant toute la durée de l’arrêt maladie nécessaire, le versement, après consolidation, d’une « allocation temporaire d’invalidité », qui est poursuivie jusqu’à ce que le fonctionnaire puisse reprendre une activité, ou jusqu’à sa mise à la retraite, s’il ne peut pas retravailler. L’allocation temporaire d’invalidité
Les agents contractuels de droit public
Les agents contractuels publics relèvent de dispositions spĂ©cifiques en ce qui concerne les congĂ©s maladie. Nous prĂ©sentons ici la situation de ceux qui travaillent pour l’Etat. Ceux qui travaillent pour les collectivitĂ©s territoriales et ceux qui travaillent pour les hĂ´pitaux relèvent de dĂ©crets diffĂ©rents. Les conditions restent globalement les mĂŞmes.
Le rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la SĂ©curitĂ© Sociale s’applique pour l’assurance maladie et le mi-temps thĂ©rapeutique. En maladie ordinaire, vous avez droit Ă :
| Ancienneté | Maintien salaire plein | Demi salaire |
| supérieure à 4 mois | 1 mois | 1 mois |
| supérieure à 2 ans | 2 mois | 2 mois |
| supérieure à 3 ans | 3 mois | 3 mois |
Au-delĂ , la seule solution rĂ©side dans les indemnitĂ©s journalières. Il n’existe pas de congĂ© de longue maladie, ou de congĂ© de longue durĂ©e. Cela existe seulement pour les fonctionnaires. Cependant, un congĂ© de grave maladie, qui ne fait pas rĂ©fĂ©rence Ă la liste des 30 maladies du Code de la SĂ©curitĂ© Sociale, mais qui en reprend les notions principales : maladie invalidante, nĂ©cessitant des soins lourds, etc. C’est le comitĂ© mĂ©dical de votre administration ou Ă©tablissement qui dĂ©termine si vous pouvez en bĂ©nĂ©ficier ou non. Il faut donc contacter le service du personnel pour constituer le dossier qui sera prĂ©sentĂ© Ă ce comitĂ©.
Si vous obtenez le congĂ© de grave maladie, vous avez droit Ă 3 ans de congĂ©. A condition que vous ayez trois ans d’anciennetĂ©. Durant ce congĂ©, vous serez payĂ© Ă plein salaire pendant un an. Puis Ă un demi-salaire pendant les deux annĂ©es restantes.
Vous pouvez obtenir Ă nouveau un autre congĂ© de grave maladie Ă condition d’avoir repris le travail pour au moins un an entre temps.
Si vous êtes travailleur indépendant
Votre situation dépend entièrement de la profession précise que vous exercez et des éventuelles assurances complémentaires auxquelles vous avez souscrit. Pour se renseigner sur les dispositions légales au sujet des indemnisations liées à la maladie, du régime d’invalidité ou de la mise en retraite anticipée, le mieux est de contacter votre Caisse d’assurance maladie ou de retraite (qui gère le risque invalidité pour les indépendants).
Les aides au maintien au travail
Télétravail
Le télétravail dans le secteur privé
Le tĂ©lĂ©travail permet au salariĂ© de travailler hors des locaux de l’entreprise, en utilisant les technologies de l’information et de la communication (TIC). Le salariĂ© est en tĂ©lĂ©travail si les 3 conditions suivantes sont remplies :
- Son travail peut s’exĂ©cuter dans les locaux de l’employeur, s’effectue hors de ces locaux, au domicile du salariĂ©. Dans ce cas, le tĂ©lĂ©travailleur bĂ©nĂ©ficie aussi du statut de travailleur Ă domicile.
- Il utilise pour travailler les technologies de l’information et de la communication.
- Il travaille volontairement et régulièrement dans ces conditions.
Le tĂ©lĂ©travail peut se demander par le salariĂ© ou proposĂ© par l’employeur. Il peut ĂŞtre partiel ou total. Par exemple 2 jours en tĂ©lĂ©travail et le reste du temps dans l’entreprise.
Le tĂ©lĂ©travail du salariĂ© doit se prĂ©voir dans son contrat de travail (tĂ©lĂ©travail dès l’embauche). Ou alors dans un avenant ultĂ©rieur (tĂ©lĂ©travail en cours de contrat).
Le contrat de travail ou son avenant doit prĂ©ciser les conditions de passage en tĂ©lĂ©travail (lieu du tĂ©lĂ©travail, plages horaires, journĂ©es en tĂ©lĂ©travail…).
Le tĂ©lĂ©travailleur est un salariĂ© de l’entreprise. Il bĂ©nĂ©ficie donc des garanties prĂ©vues pour l’ensemble des salariĂ©s travaillant dans les locaux de l’entreprise. Il s’agit de tous les droits individuels et collectifs. Temps de travail et congĂ©s, accès Ă la formation, respect de la vie privĂ©e, santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail, accès aux activitĂ©s sociales de l’entreprise, aux informations syndicales…
L’employeur doit aussi respecter certaines garanties spĂ©cifiques Ă l’Ă©gard du tĂ©lĂ©travailleur :
- prise en charge de tous les coĂ»ts liĂ©s au tĂ©lĂ©travail. Ex : coĂ»t de la fourniture des matĂ©riels, des logiciels, des communications, des outils et de leur maintenance, frais engendrĂ©s par l’occupation Ă titre professionnel du domicile- chauffage, Ă©lectricitĂ©…
- information sur les restrictions d’usage d’Ă©quipements, d’outils informatiques ou de services de communications Ă©lectroniques. Et des sanctions prĂ©vues en cas de non-respect de ces restrictions.
- versement d’une indemnitĂ© d’occupation du domicile Ă des fins professionnelles si une partie du logement du salariĂ© est transformĂ©e en bureau.
- fixation, en concertation avec le télétravailleur, des plages horaires durant lesquelles il peut habituellement le contacter.
- entretien annuel portant notamment sur les conditions d’activitĂ© du salariĂ© et sa charge de travail.
Le tĂ©lĂ©travailleur doit pouvoir rencontrer rĂ©gulièrement sa hiĂ©rarchie et ses collègues. L’employeur peut lui dĂ©signer un rĂ©fĂ©rent.
Le contrat de travail ou son avenant fixe les conditions de fin du tĂ©lĂ©travail. Le salariĂ© concernĂ© est prioritaire pour occuper ou reprendre un poste sans tĂ©lĂ©travail correspondant Ă ses qualifications et compĂ©tences professionnelles. Son employeur doit l’informer de la disponibilitĂ© de tout poste rĂ©pondant Ă son profil.
Le télétravail dans le secteur public
La loi Sauvadet du 12 mars 2012 fixe les principes qui régissent le télétravail dans la fonction publique.
Les agents publics (fonctionnaires et contractuels) de la fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière peuvent exercer leurs fonctions dans le cadre du tĂ©lĂ©travail.
L’exercice des fonctions en tĂ©lĂ©travail s’accorde Ă la demande de l’agent et après accord du chef de service. Cela veut dire qu’il peut travailler en dehors de ses locaux habituels. Notamment depuis son domicile. Son travail doit pouvoir se faire Ă distance.
La possibilitĂ© de tĂ©lĂ©travailler s’accorde Ă la demande de l’agent et après accord du chef de service. L’employeur prend en charge les coĂ»ts dĂ©coulant directement de l’exercice des fonctions en tĂ©lĂ©travail (matĂ©riels, abonnements, etc.).
Il peut y s’annuler Ă tout moment, sous rĂ©serve d’un dĂ©lai de prĂ©venance.
Les agents en télétravail bénéficient des mêmes droits que ceux des agents exerçant leurs fonctions dans les locaux de leur administration.
Les organismes d’aides à l’insertion dans le travail
L’AGEFIPH pour les salariés de droit privé
L’Agence de gestion des fonds pour l’insertion des personnes handicapées (AGEFIPH) a deux missions. Favoriser l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées dans les entreprises privées.
Pour bénéficier des aides et services de l’Agefiph, votre handicap doit être reconnu administrativement. Cette reconnaissance se délivre par différents organismes selon votre âge et votre situation. Sont notamment concernés :
- Les travailleurs reconnus handicapés par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), de la MDPH.
- Les titulaires d’une pension d’invalidité à condition que cette invalidité réduise au moins des deux tiers leur capacité de travail ou de gain.
- Les titulaires de l’Allocation adulte handicapé (AAH).
Vous pouvez également bénéficier des aides et services de l’Agefiph si vous êtes dans les situations suivantes :
- SalariĂ© dont les capacitĂ©s professionnelles rĂ©duites font l’objet d’un avis d’inaptitude ou d’aptitude avec rĂ©serve, par un mĂ©decin du travail ;
- Victime d’un accident ou confrontĂ© Ă une maladie qui ne vous permet plus d’exercer votre emploi,
Dans ces 2 cas, l’Agefiph peut vous aider dès le dĂ©pĂ´t de votre demande de reconnaissance de votre handicap auprès de la CDAPH.
L’Agefiph propose, en complĂ©ment des aides de droit commun, des aides destinĂ©es Ă faciliter votre maintien dans l’emploi suite Ă la survenance ou l’aggravation du handicap.
- Aide au maintien dans l’emploi.
- Formation des salariés dans le cadre du maintien dans l’emploi.
- Aides à l’aménagement des situations de travail et à la compensation du handicap pour permettre l’adaptation du poste de travail en fonction du handicap de la personne handicapée.
- Aide au maintien dans l’emploi des personnes handicapées en fin de carrière.
Le Fonds pour l’Insertion des Personnes HandicapĂ©es dans la Fonction publique (FIPHFP)
Le Fonds pour l’Insertion des Personnes HandicapĂ©es dans la Fonction publique (FIPHFP) accompagne les employeurs publics dans la mise en Ĺ“uvre de politiques d’inclusion professionnelle.
Le FIPHFP mobilise ses financements pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap au sein des fonctions publiques. Il contribue ainsi Ă la dynamique d’Ă©galitĂ© d’accès Ă l’emploi dans la Fonction publique tout au long du parcours professionnel.
Votre employeur utilisera alors des aides du FIPHFP. Fonds pour l’insertion des personnes handicapĂ©es dans la fonction publique. Afin d’amĂ©nager votre poste de travail. Ou bien de vous proposer une rĂ©orientation professionnelle, en fonction de vos capacitĂ©s et de vos besoins.
- L’aménagement de votre poste de travail. Fauteuils et bureaux ergonomiques, équipements du lieu de travail, outils bureautiques pour compenser votre handicap (visuel, auditif ou autres), fauteuils roulant à usage professionnel…
- Vos déplacements. Il est possible d’aménager un véhicule adapté pour effectuer vos trajets domicile-travail et vos déplacements professionnels. Dans le cas où vos trajets doivent être assistés, les transports liés à votre exercice professionnel sont également pris en charge. Dans la limite d’un plafond fixé par agent et par an.
- Différentes solutions de formation pour votre réorientation professionnelle : bilan de compétences. formation spécifique…
- Un accompagnement par des professionnels.
Le FIPHFP prend Ă©galement en charge la rĂ©munĂ©ration des auxiliaires de vie. Cela permet de vous aider dans les gestes du quotidien sur votre lieu de travail, si nĂ©cessaire. Et d’avoir la rĂ©munĂ©ration d’un(e) interprète en langue des signes, la mise en place d’une aide sociale destinĂ©e Ă favoriser votre insertion professionnelle.
