Hausse alarmante de la maladie de Parkinson : causes, chiffres et enjeux

France Parkinson suit de près les données épidémiologiques sur la maladie. En effet, les chiffres montrent depuis plusieurs années une hausse forte et continue du nombre de personnes malades en France.

À l’occasion de la Journée mondiale d’avril 2025, l’association a présenté un état des lieux complet. Elle a regroupé les données épidémiologiques françaises et internationales, passé en revue les causes possibles de cette augmentation et les enjeux majeurs pour les années à venir.

Lire le dossier de presse 

Une progression sans précédent

Dans les années 2010, on comptait environ 150 000 personnes malades. Dans les années 2020, ce nombre a dépassé 250 000. En 30 ans, le nombre de malades a été multiplié par 3,5, et les prévisions publiées en 2022 annonçaient encore une hausse de 30 % d’ici 2030.

Une explosion mondiale des cas

A ce jour, Parkinson est la maladie du cerveau qui a connu la progression la plus forte ces dernières décennies. Entre 1990 et 2021, la prévalence de la maladie de Parkinson a augmenté de 274 %. Le nombre de personnes touchées est ainsi passé de 3,15 à 11,8 millions.
En 2021, près de 12 millions de personnes étaient ainsi concernées dans le monde, un chiffre qui était initialement prévu pour 2040. Et d’ici 2050, les projections annoncent 25,2 millions de malades, soit une hausse de 112 % en moins de 30 ans.

La France face à une augmentation encore plus préoccupante

Les pays dont la pyramide des âges est la plus déséquilibrée seront les plus exposés à l’augmentation de la prévalence de la maladie de Parkinson. C’est notamment le cas de la Belgique, où les plus de 50 ans représentent 42 % de la population (recensement 2023), et de la France, où ils atteignent 45 % (recensement 2024). Dans ces deux pays, le vieillissement démographique devrait conduire à un triplement du nombre de personnes vivant avec Parkinson.

Vieillissement et environnement : les principales causes

Le vieillissement de la population explique en effet en grande partie cette progression. Il pourrait ainsi représenter 89 % de l’augmentation d’ici 2050. Toutefois, les facteurs environnementaux jouent aussi un rôle indéniable.

Les pesticides : un facteur clé

L’exposition aux pesticides est reconnue depuis longtemps comme un facteur de risque important. Elle contribue clairement à l’augmentation du nombre de cas. Ainsi, le principe de précaution et la prévention doivent devenir prioritaires. Certaines cultures, comme la viticulture, exposent davantage : la présence de vignobles augmente l’incidence locale d’environ 10 %.

L’action réglementaire en Europe

Face au danger, l’Union européenne a interdit ou limité plusieurs pesticides neurotoxiques. Le paraquat et la dieldrine en font partie.
Cependant, dans de nombreux pays, la production de pesticides interdits sur le sol européen continue pour être exportés ailleurs. À ce jour, seules la France et la Belgique ont cessé de les exporter, mais d’autres substances suspectées d’être nocives pour le cerveau, comme le glyphosate, restent largement utilisées.

Voir notre alerte concernant la prolongation d’autorisation du glyphosate.

Un défi majeur pour la santé publique

Cette progression soulève de nombreuses questions. La France pourra-t-elle répondre à la hausse des besoins en soins et en accompagnement ? Quels seront les moyens alloués à la recherche pour mieux prévenir, traiter, ralentir ou arrêter la maladie ?
Face à ces enjeux, France Parkinson a alerté les pouvoirs publics et demandé des actions fortes et rapides.

Autres actions