Enquête effets indésirables

Les médicaments destinés à l’amélioration des troubles moteurs sont susceptibles d’induire des effets indésirables de mieux en mieux identifiés. Lorsqu’ils surviennent, ajuster la dose suffit à régler le problème dans un grand nombre de cas.

Les médicaments destinés à l’amélioration des troubles moteurs sont susceptibles d’induire des effets indésirables de mieux en mieux identifiés. Lorsqu’ils surviennent, ajuster la dose suffit à régler le problème dans un grand nombre de cas.

Évaluer les effets indésirables des traitements dopaminergiques

Certains effets secondaires des traitements dopaminergiques peuvent impacter fortement la personne malade et son entourage. Ainsi, il est important d’évaluer leur fréquence et leur impact. En effet, certains de ces troubles peuvent entraîner de graves conséquences sur la vie personnelle et sociale des patients.

Les troubles du contrôle des impulsions

Notamment, l’apparition de troubles du contrôle des impulsions représente un risque important. Ces troubles peuvent affecter le quotidien des patients mais aussi de leurs proches. Il est essentiel de mesurer leur prévalence et leur impact réel.

Une enquête pour mieux comprendre

Fin 2024, les médias ont relayé plusieurs situations dramatiques liées à la prise d’agonistes dopaminergiques. Alertée, France Parkinson a décidé de lancer une nouvelle enquête auprès des personnes malades et de leurs proches afin d’évaluer leur incidence. Cette enquête poursuit plusieurs objectifs :

  • D’une part, mieux connaître le vécu des patients et de leur entourage.
  • D’autre part, pouvoir soutenir des actions concrètes auprès des pouvoirs publics et des professionnels de santé.
  • Enfin, faire progresser l’accompagnement des personnes malades au quotidien.

Communication des résultats de notre enquête

L’enquête menée par France Parkinson, en collaboration avec des neurologues, et avec l’institut Viavoice, s’appuie sur un sondage réalisé en 2025 de la mi-juillet à la mi-septembre, auprès de plus de 6800 personnes touchées par la maladie de Parkinson, incluant 6303 patients et 529 proches aidants.

Elle montre en déclaratif que l’ensemble des stratégies thérapeutiques est concerné par les effets indésirables, et qu’aucun traitement n’en est totalement exempt. Elle met en évidence des effets somatiques déjà bien identifiés mais aussi des troubles du contrôle des impulsions (TCI), encore insuffisamment pris en compte. Selon les modalités de prise en charge, les TCI touchent entre 37 % et 68 % des patients. Leur fréquence s’accroît fortement avec le cumul des traitements, passant de 23 % des patients avec un seul traitement à 65 % lorsque quatre traitements ont déjà été pris par la personne malade. Elle tend à augmenter avec les années d’exposition aux traitements.

La lévodopa par voie orale reste le socle de la prise en charge et expose déjà à ces effets, son association à d’autres classes majorant ainsi le risque. En présence d’agonistes dopaminergiques, celui-ci augmente également. Il apparaît plus important encore avec les traitements de seconde ligne, cette élévation devant toutefois être mise en regard du stade plus avancé de la maladie et de l’ancienneté de l’exposition thérapeutique, qui, comme indiqué précédemment, participent à son accentuation.

Parmi les 37% de personnes concernées par les TCI, les troubles les plus fréquemment cités sont :

  • la surconsommation alimentaire, qui touche 19 % des répondants,
  • l’hypersexualité, déclarée par 11 % d’entre eux,
  • l’hyperactivité, à hauteur de 9 %,
  • les achats compulsifs, qui concernent 7 % des personnes interrogées.

S’ajoutent à ces TCI les comportements répétitifs (5 %) ou encore agressifs (4 %), et les addictions aux jeux d’argent (3%), entre autres.

Selon ces personnes, ces troubles ont des conséquences importantes :

  • 1 patient sur 13 estime qu’elles sont plutôt graves ou graves (sur l’ensemble du panel),
  • plus d’un tiers relatent des difficultés d’ordre relationnel,
  • 10 % rencontrent des problèmes financiers.

Les proches, souvent plus affectés encore, estiment dans 72 % des cas que la personne malade n’a pas pleinement conscience de ses difficultés.

L’enquête met également en évidence un déficit majeur d’information sur les potentiels effets indésirables à l’initiation des traitements. Plus de 6 patients sur 10 disent ainsi ne pas avoir été informés des risques de TCI. Ce manque d’anticipation, renforcé par le caractère tabou de certains troubles, freine leur repérage. Plus d’un tiers des patients concernés n’en parlent jamais, et près d’un sur deux en dissimule une partie. Pourtant, lorsque les effets indésirables sont identifiés, le réajustement thérapeutique se révèle souvent très efficace : dans près de neuf cas sur dix, il permet une amélioration significative. Or, 68 % des patients concernés ne bénéficient d’aucune adaptation.

Ces enseignements appellent à des actions concertées auprès de l’ANSM, des sociétés savantes de neurologie et des organisations représentatives des professionnels, afin de :

  • formaliser des protocoles de repérage et de suivi des effets indésirables,
  • systématiser l’information sur ces effets dès l’initiation du traitement et tout au long du suivi
  • généraliser les pratiques de réajustement,
  • renforcer la formation des professionnels sur ces enjeux,
  • inscrire durablement ces exigences dans les recommandations et référentiels.

Faire des effets indésirables un axe central de la prise en charge constitue aujourd’hui une condition indispensable pour améliorer durablement la qualité de vie des personnes concernées.

Par ailleurs, France Parkinson a sollicité l’ANSM pour que le flyer relatif aux effets indésirables élaboré par ses soins à la demande de l’association en 2010, et réactualisé en 2016, fasse l’objet d’une nouvelle mise à jour ainsi que d’une diffusion renforcée et coordonnée.

La nécessité de prévention implique également des notices plus explicites de la part des laboratoires pharmaceutiques.

Lire le dossier de presse 

 

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