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Autres troubles de la motricité

Lorsque la maladie de Parkinson est avancée, des troubles moteurs peuvent apparaître : difficultés à la marche, perte de l’équilibre, chutes, problèmes de déglutition. Il est important de préciser que les symptômes observés sont variables d’une personne à l’autre.

Bien identifier les types de blocages

Par le Dr David Grabli, neurologue à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris

Il vous arrive d’être totalement bloqué et cela se manifeste de plus en plus souvent. Vous êtes pourtant traité depuis plusieurs années. Comment expliquer ces blocages soudains et rassurer votre entourage ?

Les blocages correspondent le plus souvent à ce que les neurologues appellent « fluctuations » motrices. Schématiquement, en début de maladie, le traitement antiparkinsonien a un effet stable sur 24 heures avec une à trois prises par jour.

Avec le temps, la durée d’action des prises a tendance à se réduire : à la fin de l’effet d’une dose et au début de l’effet de la suivante, les symptômes moteurs réapparaissent. La marche et la motricité se ralentissent, le tremblement redevient gênant et la raideur s’accentue, ce qui provoque le blocage. Une fois que la prise agit, les symptômes disparaissent avant de se manifester à nouveau en fin de dose. Les blocages liés aux fluctuations sont donc synchronisés avec les prises du traitement, ce qui peut donner l’impression erronée que c’est le médicament qui en est à l’origine. Il peut y avoir d’autres types de blocages. Notamment ceux qui surviennent soudainement au maximum de l’effet de la dose puis disparaissent aussi vite. On parle alors « d’effet on/off » ; le « on » correspond à une phase normale et le « off » à la période de blocage. Dans ce cas, le neurologue va rééquilibrer le traitement. Enfin, certains patients présentent des blocages au cours de la marche : leurs pieds restent littéralement collés au sol. Ce phénomène est appelé « freezing ».

Il se produit au démarrage, lors d’un demi-tour ou d’un passage dans des endroits resserrés. Animé des meilleures intentions, l’entourage a alors tendance à « aider » le malade en le tirant, ce qui a pour conséquence de précipiter sa chute ! En fait, ce symptôme assez courant peut être amélioré par l’adoption de divers stratagèmes : en intérieur, positionner des bandes de couleur au sol pour provoquer un mouvement de franchissement d’obstacle, stimuler la personne en comptant à voix haute, utiliser une canne avec un repère lumineux…

Des astuces qui permettent de pallier la perte du mouvement automatique pour passer en mode volontaire. Dans tous les cas, les conseils du kinésithérapeute sont d’un grand secours.

Le piétinement ou freezing

Les difficultés à la marche peuvent se traduire par une jambe traînante, des phases de piétinement ou des épisodes d’accélération brutale de la marche.

Le plus souvent, ces difficultés surviennent après plusieurs année d’évolution et son généralement peu sensibles aux traitements médicamenteux.

Le blocage prend place surtout au démarrage, également au demi-tour ou à l’approche d’un passage étroit, telle une porte.

Les troubles de l’équilibre ou les chutes

Les chutes peuvent survenir après plusieurs années de maladie et sont liées à des facteurs multiples.

Il peut s’agir d’une chute liée au blocage. C’est une période où la personne malade ressent une lenteur du mouvement [1] importante et face à une situation imprévisible (comme un terrain plus accidenté), elle n’a pas le temps de se rattraper et chute par retard d’initiation du mouvement.

Il existe ensuite des chutes liées à des troubles de l’équilibre. Ces chutes sont liées à des troubles du contrôle postural. Ce type de chute n’est pas nécessairement amélioré par les traitements [2]. Mais la kinésithérapie [3] joue un rôle essentiel et permet, par l’entraînement, de compenser des réflexes posturaux.

Les troubles de la déglutition

Plus de la moitié des personnes malades ont des difficultés pour avaler. Cela touche principalement des personnes aux stades avancés de la maladie.

Les mouvements automatiques de la mastication sont ralentis, plus rares et moins efficaces. Les morceaux trop durs, trop gros ou trop secs, risquent de se coincer dans la gorge. Il est donc important de couper les aliments très finement et de les enrober d’une sauce onctueuse ou d’une purée de légumes fluide. Le larynx peut aussi se fermer plus lentement : les liquides très fluides arrivant rapidement dans la gorge, font fausse route. Il est alors recommandé de choisir des boissons gazeuses, fraîches et parfumées pour stimuler la rapidité de la fermeture du larynx. Une partie de ces troubles peut être corrigée par la rééducation orthophonique [3].