Témoignage

A l’annonce du diagnostic il y a 3 ans et à l’issue de l’inévitable phase d’interrogation sur l’avenir, j’ai très vite pris la résolution de laisser le moins de place possible à ce visiteur indésirable en associant étroitement à la vie professionnelle, activités physiques et loisirs.

Alors que les différents traitements « s’installaient » accompagnés de leurs lots d’effets secondaires, cherchant à établir au cours des mois un équilibre physiologique avec plus ou moins de succès, un phénomène étrange se produisit en moi d’un point de vue comportemental.A l’annonce du diagnostic il y a 3 ans et à l’issue de l’inévitable phase d’interrogation sur l’avenir, j’ai très vite pris la résolution de laisser le moins de place possible à ce visiteur indésirable en associant étroitement à ma vie professionnelle, activités physiques et loisirs.

Alors que je n’avais jamais manifesté le moindre goût pour les arts graphiques, faisant preuve depuis toujours d’une incompétence notoire en la matière, je fus pris d’une envie qui devint progressivement irrésistible de dessiner, de peindre, que dis-je de « barbouiller » d’une manière compulsive des formes et des couleurs, de faire des mélanges, d’essayer sans grand succès de reproduire des formes. Je ne pouvais plus passer devant une boutique spécialisée dans les beaux arts sans rentrer acheter papier, tubes de peinture, pinceaux de toutes tailles, livres et autres matériels dont je ne soupçonnais même pas l’existence auparavant, engageant des sommes importantes.

C’est lors d’une de mes consultations régulières auprès de mon neurologue que je dus me rendre à l’évidence, je subissais une addiction liée aux traitements. On me demanda de réaliser en vue du prochain rendez-vous, une aquarelle. Je décidais d’exprimer par l’intermédiaire de celle-ci mon combatcontre la maladie. C’est ainsi que j’ai réalisé ma première aquarelle nommée « diagnostic ».

A présent j’ai transformé une pièce de ma maison en atelier au profit de cette activité qui est une passion, associant des parties de paysages que je prends en photo afin de les reproduire d’une manière surréaliste, je travaille très lentement lors de séances courtes compte tenu de la concentration nécessaire et au cours desquelles … je ne tremble pas.

Thierry PEYRONNY – septembre 2017

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