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Somnolence diurne excessive

Les symptômes non moteurs comme les troubles du sommeil ont longtemps été ignorés mais sont présents chez une large proportion des personnes atteintes de la maladie de Parkinson et sont partie intégrante de la maladie. Souvent les patients ne sont pas conscients que ces troubles tels que la somnolence excessive, bien distincts des problèmes moteurs, sont aussi reliés à la maladie de Parkinson. Pourtant ces difficultés peuvent avoir un retentissement majeur sur la qualité de la vie et doivent être considérés dans la prise en charge globale.

Qu’est-ce que la somnolence diurne excessive ?

La somnolence diurne excessive est l’incapacité à rester dans un état de veille et d’alerte durant les heures d’éveil ; elle peut aussi engendrer des imprévisibles et irréfrénables endormissements soudains.

La somnolence apparaît en général durant des moments d’inactivité (ou d’activité réduite), tels que des moments de lecture ou devant la télévision, mais peut aussi apparaître au volant, lors de la conduite dans des moments d’immobilisation dans un embouteillage, par exemple. La somnolence et la fatigue peuvent être confondues. Ce sont deux symptômes qui se superposent mais qui sont distincts. La fatigue est un sentiment physique ou psychologique qui s’associe à un manque d’énergie, au sentiment d’être fatigué mais qui ne provoque, en général, pas d’endormissement en état d’inactivité.

Diagnostiquer la somnolence diurne excessive

La prévalence de somnolence diurne excessive est plus élevée chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson que dans la population générale. En moyenne un tiers  des personnes malades de Parkinson rapportent une somnolence diurne excessive, mais moins de 10% ont des attaques de sommeil. Ces épisodes de somnolence peuvent être aggravés par les médicaments dopaminergiques et leur fréquence augmente avec la progression de la maladie.

L’échelle de somnolence d’Epworth [1] peut permettre au patient une mesure subjective de son état général de somnolence et peut l’amener à en discuter avec son médecin. Elle est anormale quand elle est supérieure à 10/24.

Les médecins possèdent des moyens objectifs pour évaluer la somnolence tels que :
– la polysomnographie, pour détecter des troubles du sommeil pouvant influencer la somnolence diurne,
– le test itératif de latence à l’endormissement (TILE) qui mesure la capacité à s’endormir,
– le test de maintien d’éveil (ou TME) qui évalue la capacité à rester éveiller.

L’utilisation des deux évaluations, objective et subjective, est importante, car certains patients ne se rendent pas compte qu’ils sont trop somnolents.

Existe-t-il un traitement pour la somnolence diurne excessive ?

Le traitement de la somnolence diurne excessive est complexe. On peut essayer d’améliorer le sommeil de nuit, en traitant d’éventuelles apnées si elles sont trop nombreuses (par ventilation nocturne), de diminuer les contractures, douleurs et tremblement la nuit en optimisant le traitement dopaminergique, d’améliorer la continuité du sommeil avec des somnifères légers, d’éviter de passer du temps sur des tablettes la nuit, de réduire les effets sédatifs des agonistes dopaminergiques le jour en diminuant leur dose ou en les changeant pour de la L-Dopa. Mais souvent la somnolence diurne excessive résiste à ces changements : dans ce cas on pense qu’elle est liée à une atteinte de certains circuits d’éveil cérébraux.

Il existe aussi certains traitements pharmacologiques stimulant l’éveil mais les preuves d’efficacité de ces traitements perçues dans les études cliniques restent faibles.

Étude clinique, somnolence diurne excessive et maladie de Parkinson

Une étude en cours [2] se propose d’évaluer le profil de tolérance d’une nouvelle thérapie médicamenteuse pour la somnolence diurne excessive associée à la maladie de Parkinson. L’étude est randomisée à trois bras, croisés, en double aveugle, contrôlée par placebo. C’est-à-dire que les patients inclus dans l’étude sont randomisés de façon à recevoir successivement et de manière aléatoire pendant trois périodes de traitement : deux doses différentes du traitement et un traitement placebo (c’est-à-dire un traitement sans effet biologique). Chaque période dure deux semaines et est entrecoupée d’une semaine sans traitements. Le traitement est administré par voie orale.

Pour participer à cette étude [2], il faut avoir entre 18 et 75 ans, une maladie de Parkinson avec un score < 4 sur l’échelle de Hoehn et Yahr, présenter des symptômes de somnolence diurne qui affectent la qualité de vie et/ou le fonctionnement diurne (par exemple des endormissements lorsque le patients est en train de lire ou de regarder la télévision, de manger ou de parler avec d’autres personnes). Avoir un score >14 sur l’échelle de somnolence d’Epworth.

Il est prévu que 60 patients participent à cette étude qui se déroule dans 33 centres à travers le monde (États-Unis, Allemagne, Hongrie, République Tchèque et France) dont 7 centres hospitaliers français.

Sept centres hospitaliers français participent à cette étude et 47 patients ont déjà été inclus. Les centres référents et le nom de l’investigateur principal de chaque centre sont les suivants :

Hôpital Neurologique Pierre Weithermer- Groupement Hospitalier Est Service de Neurologie C, Bron.
Hélène Merle helene.merle@chu-lyon.fr [3]

CHRU de Lille – Hôpital Salengro, Service de Neurologie, Lille
Valérie Santraine : valerie.santraine@chru-lille.fr [4]

CHU de la Timone, Service de neurologie et pathologie du mouvement, Marseille
Manel Nouira : manel.nouira@ap-hm.fr [5]

Hôpital Guy de Chauliac, Centre National de Référence Narcolepsie et Hypersomnie, Unité des troubles du sommeil et de l’éveil, Montpellier
Lily Guiraud : l-guiraud@chu-montpellier.fr [6]

ICM Centre d’Investigation Clinique, Hôpital Pitié-Salpêtrière, Centre d’Investigation Clinique, Paris
Maryvonne Retail : maryvonne.retail@ahphp.fr [7]

CHU de Rouen Charles Nicolle Neurologie, Rouen
Céline Bergot : celine.bergot@chu-rouen.fr [8]

CHU Purpan – Hôpital Pierre Paul Riquet Centre d’Investigation Clinique, Toulouse
Stéphanie Bras : stephanie.bras@inserm.fr [9]

Si vous souhaitez participer à cette étude et si vous pensez remplir les critères d’inclusion, parlez-en à votre neurologue qui pourra vous adresser à l’équipe référente la plus proche de chez vous.

Le Fox Trial Finder [10] vous informe sur les essais cliniques en cours sur la maladie de Parkinson.

Plus d’information sur le déroulement des essais cliniques. [11]

Vidéo explicative [12]