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PARKINSON MELODY

Chantal vit avec la maladie de Parkinson depuis 11 ans. Elle en danse et en joue dans un film diffusé samedi aux Lobis.
Ce n’est pas un film sur le côté médical de la maladie, même si cet aspect est parfois évoqué. Mais bel et bien un regard d’artiste posé sur une vie différente avec la maladie, qui peut être belle, drôle, vivante, pleine de projets. « Nathalie Joyeux a le don de rendre les gens beaux. C’est pour cela que j’ai accepté de faire le film. » La Blésoise Chantal Duplaix a mis longtemps à accepter sa maladie, encore plus à en parler. Elle fait partie de ces personnes, de plus en plus nombreuses, à contracter la maladie neurodégénérative de Parkinson très tôt, en pleine activité.
« J’enseignais la musique en région parisienne et j’ai commencé à travailler avec cette documentariste avec mes élèves. En fin d’année, elle m’a proposé ce projet un peu fou qui a couru sur six ans. » Les deux femmes plus d’autres intervenants ont filmé la maladie, montré ce qu’elle est, mais dans la joie et le rire. « On a, par exemple, tourné cette danse de la dopamine (1) dans les rues de Blois, notamment dans les escaliers Denis-Papin, c’était jubilatoire ! Il y avait beaucoup de Blésois, j’ai la chance d’être très entourée », confie Chantal.
Au quotidien, elle continue à marcher, danser, chanter. Elle dirige et manage un ensemble vocal et théâtral, les Chantalistes. « Je manque d’énergie. Je joue du piano et de l’accordéon, mais j’ai du mal avec ma main gauche. C’est difficile, mais il faut continuer. » La réalisatrice lui a proposé des scènes cathartiques exigeantes et hautement symboliques : elle a notamment filmé la main de Chantal qui tremblait avant qu’elle n’accepte ses traitements. « Nathalie a projeté l’image de ma main sur un écran de cinéma au Louxor durant quatre heures et il fallait que je danse à sa rencontre, que mon corps réagisse à cette main qui tremble… » Cette scène a donné l’affiche du film Parkinson Melody, dont la projection à Blois samedi sera le point de départ d’une discussion avec la réalisatrice, Clantal Duplaix et l’association France Parkinson. Sur comment vivre et comment partager lorsque l’on développe cette maladie qui grignote, qui ronge et dont on ne guérit
pas. « Chaque Parkinsonien est différent, mais nous dormons tous 30 % en moins,
la fatigue s’installe pour tous et il faut l’accepter », conclut Chantal. Sans renoncer.
(1) Neurotransmetteur, molécule biochimique qui permet la communication au sein
du système nerveux et que les Parkinsoniens ne produisent plus.