Paraparkinson – Témoignage

Je m’appelle Pierre Poncin (!) J’ai 67 ans,

Le diagnostic de ma maladie de Parkinson date d’environ huit ans, mais je m’estime assez chanceux car mes principaux troubles concernent essentiellement les tremblements de ma main gauche et la maladie a l’air d’évaluer assez lentement.

En 1991, c’est-à-dire il y a environ 30 ans je me suis pris d’une passion qui ne m’a pas quitté depuis, celle de voler.

Voler un peu comme un oiseau, c’est-à-dire sans moteur, juste avec l’aide du vent, mais avec beaucoup moins d’aisance que ces acrobates professionnels du ciel.

C’est la pratique du parapente qui me permet de rendre possible ce rêve.

Dans un sac à dos que l’évolution de la technique des matériaux rend de plus en plus léger, je transporte un avion pliable que j’étale en haut d’une montagne et avec lequel je peux décoller et voler un temps plus ou moins long suivant les conditions météo.

On a tendance à confondre le parachute avec le parapente, mais, à la différence du premier qui ne fait que descendre, le second permet d’utiliser les thermiques, ces courants ascendants générés par la  chaleur du sol et donc de monter plus haut que son point de départ ; certains jours, quand les conditions sont optimales, on peut réaliser ainsi des trajets de plusieurs dizaines voire, pour les plus doués, des centaines de kilomètres.

Pour ma part je tente actuellement de dépasser la barre des 100 km, mais plus que battre un record, c’est le plaisir de voler dans des paysages sauvages et magnifiques qui me motive.

Les différentes phases du vol :

Le décollage tout d’abord qui n’est pas toujours parfaitement maîtrisé, les maladroits faisant toujours un peu rire alors que d’autres, en véritables artistes, suscitent l’admiration.

Le vol lui-même, parfois un vrai cadeau du ciel quand il nous permet, par exemple, de survoler Les glaciers de Chamonix, le lac d’Annecy ou les alpages du Valais.

La dernière phase étant évidemment l’atterrissage qui, quand on ne réussit pas à rentrer au terrain officiel, doit souvent s’improviser et nécessite là encore, une bonne analyse de la situation et une gestuelle adéquate ; à noter que le retour nécessite souvent le recours à l’auto-stop ; donc quand vous voyez un gars avec un sac un peu volumineux et le regard encore tourné vers le ciel, arrêtez vous et prenez-le, il aura sûrement des moments enthousiasmants à vous faire partager.

Pour la pratique de ce sport, une bonne connaissance des phénomènes météorologiques est essentielle, pour la sécurité tout d’abord et pour réaliser de beaux vols.

Si les conditions ne s’y prêtent pas, il vaut mieux ne pas se lancer dans un ciel dangereux et se tourner vers des activités plus terrestres, comme la simple randonnée, l’escalade, la via ferrata, ou même, loin du ciel bleu et plutôt dans les tréfonds obscurs de la terre, en explorant quelques grottes, renouant ainsi avec la spéléologie, une de mes anciennes passions.

En conclusion, je me dois de rappeler que le parapente peut se pratiquer en solo comme je le fais, mais également en tandem, avec un moniteur ou un pilote qualifié et là, pratiquement, quelque soit votre forme physique, vous pouvez approcher, en tant que passager, le plaisir de voler un peu comme les oiseaux.

Pierre Poncin

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