L’activité physique

Avec la maladie de Parkinson, les activités physiques quotidiennes sont réduites d’environ 30 % (1). Cette réduction débute plusieurs années avant le diagnostic (2). Elle est plus importante avec l’avancement en âge, en cas de maladie sévère, de difficultés de marche, ou pour mener à bien les activités de la vie quotidienne, mais également en cas de fatigue, de dépression ou d’apathie (3). On la remarque plus chez les hommes.

Quelles sont les conséquences de la réduction de l’activité physique ?

La sédentarité et l’inactivité physique — dans la maladie de Parkinson comme dans la population générale — sont associées à un risque cardio-vasculaire accru et à une plus grande mortalité. Elles exposent à un risque de diabète, de constipation, d’ostéoporose mais aussi de dépression, d’insomnie et de troubles cognitifs.

 

Quels sont les effets bénéfiques de l’entraînement physique ?

Les études menées chez l’animal démontrent que l’activité physique augmente la production d’énergie par les mitochondries (constituants de nos cellules), elle stimule les défenses anti-oxydantes de notre organisme, réduit les phénomènes inflammatoires conduisant à la mort des cellules et augmente la production de synapses (connexions) entre les neurones. Les exercices aérobies* et à haute intensité favorisent la production de facteurs de croissance des neurones (4). Ainsi, l’activité physique pourrait avoir un effet neuroprotecteur qui reste cependant à démontrer. Au cours de la maladie, elle permet de diminuer le risque de chute, d’améliorer les performances motrices, cognitives et la qualité de vie. Enfin, le risque de décès en lien avec la maladie pourrait être limité (5).

* Qui nécessitent l’oxygène comme source fournissant l’énergie à l’organisme.

Quelle place réserver à l’exercice physique dans la prise en charge de la maladie?

La participation à un programme d’exercices et la pratique d’une activité physique quotidienne améliorent les aptitudes physiques (6). D’autre part, des études laissent supposer que l’efficacité des traitements pourrait être améliorée et que le fonctionnement du système dopaminergique défaillant pourrait être optimisé (7). L’activité physique a donc toute sa place dans le traitement de la maladie, au même titre que les traitements médicamenteux, chirurgicaux ou la rééducation (8).

 

Y a-t-il un type d’activité à privilégier ?

L’important est que le type d’activité et de rééducation soit adapté aux problématiques des personnes et au stade évolutif de la maladie. En France, 54 % des patients ont une prise en charge en rééducation, centrée sur la rééducation des membres supérieurs, de la posture, de l’équilibre, de la marche, des transferts. Les objectifs des exercices physiques comprennent l’amélioration de la mobilité, de la souplesse, des amplitudes articulaires, de l’équilibre, l’entretien cardiovasculaire, musculosquelettique et la prévention des chutes. Une pratique régulière, au moins trois fois une heure par semaine, est recommandée. Les entraînements proposent d’associer un travail en résistance avec contractions répétées d’intensité croissante — ce qui augmente sensiblement la force musculaire des membres inférieurs — et des exercices aérobies à haute intensité (marche, tapis marche, course, vélo) qui améliorent la marche, l’équilibre, les fonctions cognitives et la qualité de vie (9). Des exercices d’équilibre assez difficiles ont un effet bénéfique et des exercices d’étirements globaux aident à lutter contre les méfaits de la rigidité (10). La rééducation est réalisée avec l’aide d’un kinésithérapeute, en collaboration avec le neurologue traitant et les spécialistes en activités physiques adaptés.

 

Quel est le rôle du malade dans ce dispositif ?

La formation précoce à l’autorééducation et l’implication du patient dans sa propre prise en charge limitent les conséquences fonctionnelles et psychologiques de la maladie. Il a été démontré, au cours des dernières années, que l’engagement du malade dans des pratiques de groupe, autour d’activités physiques régulières et alternatives comme la danse, le taï-chi, améliorent la marche et réduisent le risque de chute à moyen terme (11, 12). En favorisant le maintien d’un lien social et convivial, ces pratiques pourraient avoir un impact positif sur la qualité de vie (12). Reste à démontrer leurs effets bénéfiques à long terme par des essais cliniques contrôlés et grâce à une méthodologie rigoureuse.

* Qui nécessitent l’oxygène comme source fournissant l’énergie à l’organisme.

 

  1. Bloem BR. Mov Disord. 2004 ;19 (8) : 871-84
  2. Chen H. J Neurol. 2011 ; 258 (12) : 2214-21
  3. Loprinzi PD. Brain Res. 2013 ;1539 : 95-104
  4. Archer Acta Neurol Scand. 2011 ; 123(2) : 73-84
  5. Speelman Nat Rev Neurol. 2011 ; 7(9) : 528-34
  6. Goodwin VA. Mov Disord. 2008 ; 23(5) : 631-40
  7. Premiers Etats Généraux des personnes touchées par la maladie de Parkinson – Livre Blanc. Association France Parkinson, éd. 2010.
  8. Lima LO. J Physiother. 2013 ; 59(1) : 7-13
  9. Allen NE. Mov Disord. 2011 ; 26(9) : 1605-15
  10. Hackney ME. J Rehabil Med. 2009 ; 41(6) : 475-81
  11. Li F. N Engl J Med. 2012 ; 366(6) : 511-9
  12. Hackney ME. Parkinsonism Relat Disord. 2009 ; 15(9) : 644-8

par Valérie Fraix, Eric Chevrier et Bettina Debû, centre expert Parkinson, service de neurologie, CHU de Grenoble, U836 – Inserm GIN-université Grenoble Alpes-CEA, Grenoble

Article extrait de l’Écho 125

 

 

 

 

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