Les essais cliniques

Parmi le millier de nouvelles molécules potentiellement actives qui sont développées chaque année, seul un nombre limité est, au bout d’un long parcours, finalement mis sur le marché et disponible pour les patients. Les essais cliniques durent des années, mais ils sont une étape pivot dans le développement d’un nouveau médicament. Aucun traitement médicamenteux n’est anodin ; les essais cliniques sont fondamentaux pour répondre à des questions spécifiques concernant la toxicité, l’efficacité d’un nouveau produit, et pour garantir aux patients les meilleurs bénéfices avec le moins de risques possibles.

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Les études précliniques

À partir de connaissances sur les causes et les mécanismes pathologiques de la maladie, les chercheurs déterminent des cibles thérapeutiques potentielles qui guideront le développement de nouvelles molécules.
Les interactions de ces molécules avec le « vivant » sont dans un premier temps testées sur des cellules (études in vitro) ou des modèles animaux (études invivo). Cette étape est fondamentale avant le passage à l’homme et permet d’obtenir des premières informations, notamment sur la toxicité, le métabolisme (absorption, distribution dans l’organisme, élimination) et l’efficacité d’un nouveau produit. Les études précliniques fournissent également des informations précieuses liées au dosage. Elles informent sur la dose minimale requise pour observer un effet chez l’animal, celle qui cause les premiers signes de toxicité ainsi que la dose maximale tolérée. Une étape fondamentale, car elle permet de déterminer le dosage qui sera ensuite testé chez l’homme.

Les essais cliniques

Une fois passée avec succès la phase préclinique, une nouvelle molécule doit encore franchir trois phases d’essais cliniques (I-III) avant de pouvoir être autorisée à la vente. Une quatrième phase (IV) intervient après la mise sur le marché du nouveau médicament et perdure tout le temps de sa commercialisation.

Essai de phase I – Tolérance

La phase I correspond à la première administration d’une nouvelle molécule à l’homme. Celle-ci est testée sur des volontaires sains, le but étant d’en étudier le comportement dans l’organisme humain. Le traitement est évalué sur une courte période (de quelques jours à quelques mois), sur un nombre réduit de personnes et sous strict contrôle médical. Le volontaire sain est en général rémunéré et doit être déclaré sur le fichier des volontaires (VRB — Volontaires Recherches BioMédicales) pour s’assurer qu’il ne participe pas à plusieurs essais en même temps.
La phase I est donc une évaluation à court terme de la tolérance au produit. Elle permet d’établir la dose maximale tolérée chez l’homme, l’assimilation par l’organisme humain (distribution, métabolisme et élimination des déchets), ainsi que les effets secondaires immédiats.
En général, des doses progressives sont testées en palier, chaque volontaire ne recevant qu’une dose. Le passage d’un palier à un autre n’est possible que si aucun effet toxique majeur n’est observé au palier précédent.

Essai de phase II – Efficacité et posologie

Une fois sa tolérance déterminée sur des volontaires sains, la nouvelle molécule est testée sur un groupe homogène de patients volontaires (quelques centaines) pour une durée pouvant aller de quelques mois à plusieurs années.
La phase II a pour objectif d’évaluer l’efficacité de la molécule : le traitement permet-il de réduire les symptômes liés à la maladie ? D’en ralentir la progression ? Améliore-t-il la qualité de la vie du patient? Cette phase permet aussi de déterminer la dose thérapeutique optimale (posologie) sur un grand nombre de patients. La présence d’éventuelles interactions médicamenteuses est également évaluée.
Les études de phase II sont en général comparatives : un groupe de patients reçoit la nouvelle molécule et un autre un traitement placebo (traitement dénué d’activité thérapeutique).

Essai de phase III – Comparaison

Les essais de phase III sont des études de grande envergure, ils sont multicentriques (se déroulent dans plusieurs lieux) et impliquent des milliers de patients.
Le but est de confirmer à grande échelle les données obtenues en phase II. Durant cette phase, les connaissances sur la tolérance sont approfondies et l’apparition d’effets secondaires, pouvant se manifester lors d’études à grande échelle, est surveillée.
L’efficacité de nouvelles molécules est comparée à celle d’un traitement de référence déjà commercialisé s’il existe ; un placebo est utilisé si aucun traitement n’existe. Pour un impact optimal, les essais de phase III devraient être randomisés (attribués aux patients par tirage au sort) et en double aveugle (ni le patient ni le médecin n’ont connaissance du traitement reçu).
Si l’étude est favorable et démontre l’efficacité et la supériorité d’une nouvelle molécule, un dossier peut alors être préparé pour une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès des autorités compétentes (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).

Essai de phase IV – Pharmacovigilance

Le contrôle des médicaments ne s’interrompt pas à sa mise sur le marché. Tout médicament commercialisé est soumis régulièrement à révision de l’AMM. La phase IV peut donc être considérée comme une phase de pharmacovigilance. Ce suivi dans des conditions réelles permet d’aboutir à une meilleure connaissance des médicaments et d’affiner la compréhension des bénéfices et risques d’un traitement. Lors de cette phase, il est parfois possible de déceler des effets secondaires après quelques années d’utilisation à large échelle. Tout effet inhabituel doit être noté par les médecins et les professionnels de santé et reporté au laboratoire commercialisant le produit. La phase IV peut également permettre de mettre à jour de nouvelles qualités thérapeutiques et conduire à une extension thérapeutique du médicament.
Douze ou dix-huit années sont nécessaires pour qu’une nouvelle molécule, sortant d’une étude préclinique favorable, obtienne une autorisation de mise sur le marché. Ce temps est certes long mais nécessaire pour assurer aux patients qu’un traitement est efficace et ne s’accompagnent pas d’effets secondaires excessifs. En cours de route, des centaines de nouveaux produits, trop toxiques ou pas assez efficaces par rapport à des médicaments déjà commercialisés, sont abandonnés. Mais tout essai permet de faire avancer notre connaissance et favorise le développement de nouveaux médicaments.
Les progrès de la science et de la technologie aident à améliorer sans cesse nos connaissances des mécanismes pathologiques de la maladie, et à affiner le choix des cibles thérapeutiques. Les avancées des essais cliniques permettront vraisemblablement une réduction du temps de la recherche clinique.

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