Le manque de dopamine, phénomène principal de la maladie de Parkinson, peut entraîner des troubles du comportement. Les médicaments prescrits ont pour but de les améliorer comme les troubles moteurs. Mais certains de ces médicaments peuvent aussi provoquer des excès momentanés de dopamine à l'origine de troubles du comportement. La clef pour une bonne prise en charge réside dans un dialogue franc avec le médecin.
Qu'est-ce qu'un trouble du comportement ?
Un comportement est une manière d'être ou d'agir observable. Le vécu psychologique accompagnant le comportement en est, bien sûr, un aspect mais le comportement doit être distingué par un critère applicable. On peut reconnaître chez quelqu'un, par exemple, un comportement craintif ou fébrile ; c'est quelque chose de plus précis que les sentiments de peur ou d'excitation en général. Les raisons d'une action font partie du comportement, ce sont les réponses que la personne peut donner à la question Pourquoi as-tu agi ainsi ? Elles sont bien distinctes des causes qu'une tierce personne peut toujours supposer à l'action.
On voit ainsi que la notion de trouble du comportement est à manier avec prudence. Il arrive toujours que nous ayons un comportement un peu exceptionnel à tel moment ou à telle période de notre vie, qu'on ne sache plus trop pourquoi on a agi de telle manière, ou qu'on ne se sente pas totalement maître de ses actes. Cela ne suffit pas à parler de troubles du comportement. On les définit en référence à un schéma général de l'action, les troubles pouvant intervenir à chaque étape.
- Désir ou conception du projet (ou leur privation)
- Planification générale de l'action
- Prise en compte des contingences particulières
- Production de l'action
La production de l'action utilise elle-même plusieurs procédures de contrôle :
- Inhibition des comportements contraires
- Comparaison avec le plan initial
- Adaptation aux diverses variations
La dopamine joue un rôle régulateur à pratiquement tous ces niveaux. En conséquence, le manque ou l'excès de dopamine peut influer à tous ces échelons. Cette influence est sujette à fluctuations, tout comme les troubles moteurs.
Troubles du comportement les plus fréquents chez les Parkinsoniens
Le plus fréquent est la dépression, observée dans 50% des cas. Cette dépression est à distinguer clairement du désarroi que peut provoquer la maladie dans son ensemble. Il en va de même pour l'anxiété. Les attaques de panique (très forte angoisse, coeur battant, sueurs froides, troubles respiratoires, incapacité à contrôler sa crainte) font partie des troubles du comportement. Les hallucinations en font aussi partie. Pour en savoir plus sur tous ces symptômes, utilisez le menu de gauche.
Effets des traitements dopaminergiques
Il faut citer tout d'abord des effets positifs. Ils améliorent la concentration et la clarté du raisonnement, l'humeur (ils atténuent la dépression), les craintes et la fatigue.
Mais il y a aussi des effets négatifs, provenant d'excès de dopamine. On a remarqué des états maniaques (hyper-excitation se traduisant par un besoin intense d'activité, une tendance à passer très vite d'une chose à l'autre, un sentiment de puissance parfois). Les achats impulsifs et déraisonnables en sont un bon exemple.
On note aussi des états paranoïaques, sentiment de persécution, forte jalousie, etc.
Un cas apparemment fréquent, mais difficile à mesurer, est celui des addictions. Elles peuvent avoir toutes sortes d'objets : jeux d'argent, de hasard, ... Des modifications de la sexualité peuvent se produire dans ce cadre. Toutes sortes d'actes compulsifs s'observent, comme le fait de collectionner des objets.
Enfin, des comportements de prise de risques.
Que faire ?
En cas de troubles du comportement, il est impératif de prévenir son neurologue au plus vite et de tout lui dire. Il est important de parler sans honte. Il pourra ainsi déterminer quelle est la meilleure conduite à tenir :
- modification du traitement dopaminergique
- suivi par un neuropsychiatre
- ajout d'un traitement spécifique
En fonction de votre caractère, vous pouvez trouver du soulagement et du courage pour en parler en rencontrant d'autres personnes ayant subi de tels troubles.

















