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Les agonistes peuvent causer des troubles particuliers du comportement : le jeu pathologique (jouer de manière frénétique et très souvent à des jeux d'argent : casino, grattage, loto, tiercé...), l'hypersexualité (augmentation importante de la libido), les achats compulsifs (ne répondant à aucun besoin, sans limites budgétaire), les troubles du comportement alimentaire (hyperphagie : manger sans faim des quantités importantes de nourriture) ou encore l'hyperactivité (commencer de nombreuses activités, se disperser, perdre la notion des priorités...). (Pour en savoir plus, voir la brochure de l'AFSSAPS "Médicaments dopaminergiques : mieux connaître les effets indésirables pour en parler plus facilement")

 Ces phénomènes sont connus depuis longtemps mais on les croyait très marginaux. Cela s'explique surtout par le fait que les personnes qui en souffrent n'ont pas connaissance du phénomène ou n'osent pas en parler à leur entourage - y compris à leur neurologue - par honte ou sentiment de culpabilité. Ces comportements anormaux, plongent le malade dans une grande souffrance et dans des situations personnelles, familiales, financières ou juridiques douloureuses. Lorsque les agonistes sont apparus sur le marché, ces effets n'étaient pas connus et il a donc fallu beaucoup de temps avant qu'ils soient sérieusement pris en compte.

Une étude canadienne de 2006 (V. Voon, Neurology 2006, 66) a estimé la fréquence de ces effets indésirables à presque 15% des patients recevant un agoniste dopaminergique. On rencontre dans ces 15% les troubles évoqués à tous les degrés : il ne s'agit pas uniquement de troubles graves.

Pourquoi continue-t-on de prescrire des agonistes dopaminergiques ?

Un consensus international datant de 2000 veut qu'un sujet de moins de 65/70 ans, qui peut tolérer les agonistes dopaminergiques, commence le traitement de cette façon-là (pour en savoir plus, voir Les classes de traitements) : cela reste encore aujourd'hui la meilleure stratégie thérapeutique. Elle permet de retarder l'introduction de la Levodopa - de retarder, en conséquence, les dyskinésies sévères qui en sont la conséquence. Le neurologue continue donc à les prescrire tant qu'ils sont tolérés avec des troubles légers.

Les agonistes ont par ailleurs des propriétés leur permettant de corriger certains troubles psychiques (en savoir plus) par une action stimulante (sur la créativité, la capacité de travail, etc.) . Mais cette sur-stimulation, si elle n'est pas contrôlée, peut être néfaste, jusqu'à conduire à l'un des comportements addictifs ou compulsifs décrits plus haut. La solution semble donc résider dans  l'adaptation du traitement.


Ajuster le traitement

C'est un travail très minutieux. S'il y a des troubles, tant qu'ils restent à un niveau raisonnable, le neurologue peut ne pas modifier le traitement mais il n'augmente plus la dose. Si les troubles deviennent gênants, les doses seront réduites et cela peut parfois suffire à améliorer les troubles.

Mais si le patient est arrivé à des pertes financières importantes, à des actes délictueux, les agonistes dopaminergiques ne peuvent plus être prescrits. La prise en compte des troubles du comportement conduit alors, au passage à la Levodopa. La corrélation entre sensibilité individuelle aux agonistes et importance des troubles du comportement n'est pas encore clairement établie.

D'autres traitements peuvent-ils limiter les troubles du comportement ?

L'effet de la neurostimulation sur ces troubles du comportement est sujet à controverse mais semblerait toutefois avoir un impact positif. Une équipe de neurologues, à Marseille, a bien établi que, dans des cas où la neurostimulation avait permis de réduire considérablement le traitement médicamenteux, le jeu pathologique et les autres troubles du comportement étaient rentré dans l'ordre.


En conclusion

Ces effets indésirables du traitement anti-Parkinson montrent une fois de plus l'importance d'être bien informé et de ne pas hésiter à informer son neurologue sans aucune honte. Vous pouvez également informer l'Association qui vous conseillera.

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