La thérapie génique est l'un des meilleurs espoirs fournis par la recherche actuelle de traiter la maladie de Parkinson. Non seulement parce que les premiers essais (principalement sur les animaux) sont concluants, mais surtout parce qu'elle serait la première stratégie thérapeutique à permettre de stopper l'évolution de la maladie.
Qu'est-ce que la thérapie génique ?
D'une manière générale, la thérapie génique est une nouvelle méthode médicale consistant à introduire des gènes dans des tissus ou cellules afin de remédier à des déficiences jouant un rôle dans le développement d'une maladie. L'introduction se fait en général au moyen de vecteurs viraux, la modification directe des molécules d'ADN se révélant moins efficace. Toutes les maladies sont susceptibles d'en bénéficier, aussi l'utilisation d'une thérapie génique n'a rien à voir avec le fait qu'une maladie soit héréditaire : rappelons-le, les causes de la maladie de Parkinson sont encore inconnues.
Comment s'appliquerait-elle à la maladie de Parkinson ?
Dans le cas de la maladie de Parkinson, la thérapie génique pourrait s'avérer un bon substitut au traitement médicamenteux, de deux manières :
- en prévenant la mort des cellules nerveuses en causes dans la maladie
- en favorisant la réapparition de nouvelles cellules après la mort cellulaire
Dans ce but, deux stratégies sont étudiées aujourd'hui, c'est-à-dire l'introduction de deux types de gènes :
- Les premiers encodent un facteur neurotrophique (c'est-à-dire favorisant la croissance ou la survie de cellules nerveuses) agissant particulièrement bien sur les neurones dopaminergiques. (D'autres méthodes d'utilisation de cette protéine sont aujourd'hui étudiées, voir notre rubrique sur les facteurs neurotrophiques). Le but de cette stratégie thérapeutique serait de permettre une production continue de cette protéine dans le cerveau des personnes atteintes par la maladie, et de prévenir ainsi la mort des neurones dopaminergiques ou de favoriser leur croissance.
- Les seconds encodent des protéines favorisant la production de dopamine. Dans cette perspective, les zones dégénérescentes ne seraient pas directement traitées, mais leur fonction, la production de dopamine, serait assurée par d'autres voies. Le cerveau pourrait ainsi bénéficier d'une production continue de dopamine là où il en a besoin, sans l'aide de médicaments. Une étude récente réalisée en France chez des primates non humains montre des résultats particulièrement intéressants et positifs. Il reste à cerner les limites de cette méthode et à la tester chez les malades.
Trouver des vecteurs pour l'introduction de ces gènes
C'est la principale problématique de la recherche. Il est courant, dans les thérapies géniques, d'utiliser des virus comme vecteurs, car ils peuvent transporter les gènes dans le corps à l'endroit désiré. Lorsqu'un bon vecteur est repéré, la première étape consiste à annihiler les capacités infectieuses des virus vecteurs de gènes, de telle sorte qu'ils puissent transporter les éléments thérapeutiques sans danger pour l'organisme. Dans le cas de la maladie de Parkinson, l'injection directe du virus dans les zones concernées est la seule méthode ayant été retenue.
Plusieurs vecteurs ont été testés sur des modèles animaux de la maladie et ont prouvé leur fonctionnalité. Il a été ainsi possible de prévenir la mort de neurones dopaminergiques ou d'en provoquer la croissance. Les symptômes parkinsoniens ont pu alors être ralentis voire corrigés.
Application aux humains des essais sur les animaux
Si les essais animaux sont concluants et donnent de bons espoirs, quatre points posent encore problème avant de généraliser les études chez l'homme :
- S'assurer que les virus utilisés sont sans danger.
- S'assurer que les gènes introduits restent actifs pendant assez longtemps
- S'assurer que ces gènes restent dans les zones adéquates du cerveau
- Réguler l'activité de ces gènes
Des essais humains sont en cours. Sachant qu'il y a un long délai, dans ces domaines thérapeutiques, entre le lancement des premiers essais et la mise à disposition du traitement, il est certain que celle-ci ne se fera pas à court terme.
La thérapie génique sera-t-elle applicable à tous les Parkinsoniens ?
Probablement, plus elle sera appliquée tôt dans le développement de la maladie, plus elle sera efficace. Il y aura cependant - encore probablement - peu de restrictions quant aux personnes éligibles. Ces restrictions seraient la présence d'autres troubles d'ordre psychiatrique.

















