On appelle parfois la maladie de Parkinson, pour la distinguer d'autres syndromes parkinsoniens, maladie de Parkinson idiopathique. Ce terme signifie qu'on en ignore la cause; celle-ci pourrait donc varier d'un individu à l'autre, ce qui suggère qu'il n'y a pas « une » maladie de Parkinson mais très probablement « des » maladies d'origines diverses, affectant la même région cérébrale et se traduisant globalement par les mêmes troubles moteurs. Paradoxalement, en dépit de travaux considérables, il est aujourd'hui impossible de se prononcer scientifiquement de façon définitive sur la question des causes de la maladie de Parkinson, comme c'est le cas d'ailleurs pour de nombreuses autres maladies. Les chercheurs travaillent très activement sur certaines hypothèses, issues notamment de constats établis à partir de formes très rares de la maladie.
Les hypothèses qui paraissent les moins probables sont celles relatives à une origine virale ou auto-immune de la maladie. Les travaux actuels privilégient les hypothèses relatives à l'intervention de facteurs génétiques et/ou environnementaux pour rendre compte du développement de la maladie, contribuant à l'idée de « facteurs de risque » de développer la maladie de Parkinson. Considérant que, dans l'extrême majorité des cas, la preuve de l'intervention de l'un ou l'autre de ces facteurs pris isolément n'est pas suffisant pour expliquer la survenue de la maladie, l'hypothèse la plus plausible correspondant à ces facteurs de risque et très unanimement reconnue par la communauté internationale des chercheurs est alors une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Certains gènes pourraient ainsi prédisposer à une vulnérabilité à l'exposition à certains agents environnementaux. Toutefois, en rapport avec des difficultés méthodologiques aujourd'hui encore difficilement surmontables, en particulier du fait d'un nombre incalculable de facteurs environnementaux susceptibles d'intervention, cette hypothèse n'a pas réellement été évaluée scientifiquement.
Facteurs génétiques
Des formes héréditaires extrêmement rares (quelques familles d'Italie du Sud et de Grèce) ont permis d'isoler un certain nombre de gènes dont des mutations ont été associées apparemment de façon causale avec l'apparition de la maladie de Parkinson. Ces formes dites « monogéniques » sont exceptionnelles. Plus fréquemment, d'autres gènes ont été caractérisés, dont les mutations ont été dans ce cas associées avec la maladie. Ici, les gènes ne jouent très vraisemblablement aucun rôle direct dans le développement de la maladie, mais leur étude reste néanmoins intéressante pour les formes non familiales de la maladie de Parkinson en ce sens qu'elle permet d'isoler par exemple le rôle de certaines protéines (encodées par ces gènes) dans la protection des cellules nerveuses ou, au contraire, dans leur mort prématurée, en rapport avec le processus dégénératif.
Facteurs environnementaux
La découverte que le MPTP provoque de manière permanente les symptômes de la maladie de Parkinson chez l'homme a donné du crédit à l'hypothèse que certains agents présents dans l'environnement puissent concourir à causer la maladie de Parkinson. Le MPTP est une toxine découverte à l'origine par un étudiant en chimie souhaitant fabriquer des drogues, agissant de manière très localisée sur la substance noire, là où sont localisés les neurones dopaminergiques. Avec cette observation, on avait donc l'exemple d'une substance qui, se répandant au travers du corps, pouvait affecter très précisément les zones du cerveau en cause dans la maladie, et en reproduire les symptômes.
Le MTPT est aujourd'hui utilisé chez les singes (les rongeurs y sont beaucoup moins sensibles) pour créer des modèles animaux analogues expérimentaux de la maladie et en permettre une meilleure compréhension. Par ailleurs, sa structure chimique est très proche de celles de molécules entrant dans la composition de divers pesticides, ce qui a attiré l'attention sur la possible implication de ces substances à fortes doses dans le développement de certaines formes de la maladie. Ces observations à nouveau donnent des pistes à la Recherche, mais les études épidémiologiques conduites à ce jour se sont avérées très décevantes, la responsabilité d'aucun composé n'ayant pu être mise en évidence, au-delà d'une suspicion.

















