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Les première pratiques à l'origine de l'opération chirurgicale de la maladie de Parkinson telle que nous la connaissons consistaient en l'ablation d'une partie du cerveau, la partie motrice du thalamus (noyau ventro-latéral). Cette méthode avait ses limites mais permettait une bonne correction du tremblement. Cette méthode a été abandonnée suite à la découverte de la Lévodopa. Plus récemment, la stimulation électrique des neurones a permis la localisation très précise des zones responsables du tremblement. Le Pr Benabid de Grenoble a constaté qu'une stimulation à basse fréquence accroît souvent le tremblement et qu'une stimulation à haute fréquence le diminue ou l'abolit instantanément. C'est ainsi qu'est venue l'idée de stimuler durablement la zone responsable du tremblement. Cette forme d'opération est surtout pratiquée en France, où elle a vu le jour et dans les pays européens; d'autres pays, les Etats-Unis notamment, préfèrent l'ablation d'une petite structure (pallidum interne), une opération plus simple, pouvant être pratiquée à plus grande échelle, mais qui continue de réclamer un traitement dopaminergique après opération.

Qui peut prétendre à la stimulation cérébrale profonde ?

Cette forme de traitement, lourde pour le patient, est réservée à des cas difficiles à traiter, sensibles à la levodopa, avec des fluctuations motrices sévères. La décision de tenter l'opération se fait, bien entendu, au cas par cas, lorsque la personne est assez motivée. Certains critères guident en outre la décision :

  • il s'agit d'une maladie de Parkinson (idiopathique) et non d'un syndrome parkinsonien atypique
  • la maladie a 5 ans d'évolution au moins (cela permet de s'assurer du critère précédent)
  • les signes axiaux ne sont pas trop développés (l'opération ne serait pas efficace)
  • il faut avoir moins de 70 ans (il y a, sinon, un risque de séquelles cognitives)
  • il n'y a pas de troubles cognitifs ou psychiatriques importants
  • il n'y a pas d'autre affection évolutive grave


Quel bénéfice peut-on espérer de l'opération ?

Tout d'abord, on peut en attendre une nette amélioration des trois principaux troubles moteurs : akinésie, rigidité et tremblement, une disparition des fluctuations.

Les signes qui ne sont pas ou peu améliorés sont les signes axiaux : instabilité de la posture (chutes), freezing, troubles de l'élocution.

Après l'opération la maladie continue d'évoluer; cette évolution concerne principalement les signes axiaux. Ils sont pris en charge par un réglage de la stimulation ou par traitement médicamenteux.


Comment la neurostimulation fonctionne-t-elle ?

L'opération consiste à implanter symétriquement deux petites électrodes dans une structure cérébrale très précise de chaque côté du cerveau. La méthode consiste à pratiquer deux orifices au sommet du crâne et à placer les électrodes à l'endroit adéquat. La complexité de l'opération ne tient pas à la traversée des structures cérébrales mais au repérage de l'endroit précis à stimuler. Chaque électrode possède quatre plots, ce qui permet ensuite de régler la stimulation d'une manière optimale.

L'opération dure environ six heures. La zone à stimuler est repérée par imagerie médicale, au moyen d'un cadre fixé au crâne. La fixation de ce cadre est la manoeuvre la plus gênante pour le patient. Les électrodes sont ensuite reliées à une pile (stimulateur ou pacemaker) placé sous la peau.


Le suivi post-opératoire est assuré par le neurologue et le neurochirurgien. Il consiste dans le choix du meilleur plot de stimulation sur l'électrode, de la meilleure intensité et, enfin, dans l'adaptation du traitement médicamenteux. Il permet aussi d'accompagner l'évolution de la maladie. Ainsi, de nouveaux réglages sont parfois nécessaires pour s'adapter à la progression des symptômes. Signalons de plus, qu'une intervention est nécessaire pour changer la pile, environ tous les 5 ans.


Des effets indésirables peuvent-ils suivre l'opération ?

Ils sont rares. Il s'agit principalement de risques hémorragiques et de risques d'infection du matériel.


En conclusion

Si vous envisagez un traitement chirurgical, parlez-en à votre neurologue, à votre entourage et renseignez-vous le plus précisément possible sur l'opération. Il est important de ne pas trop attendre de l'opération : certaines personnes qui en attendaient une guérison complète se sont trouvées démoralisés devant la permanence de quelques troubles. Cette baisse de courage peut être évitée par une information adéquate.

 

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